La solidarité avec le journaliste El Kadi Ihsane, directeur de Radio M et de Maghreb Emergent, arrêté le 24 décembre 2022 et placé sous mandat de dépôt le 29 du même mois, après 5 jours de garde à vue chez la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), va s’élargissant au niveau international.
Après l’appel à sa remise en liberté signé par 16 patrons de grands journaux et une pétition de soutien lancée par Reporters Sans Frontières (RSF), un collectif international d’avocats s’est constitué ce mercredi 8 février 2023 pour la défense du journaliste.
Dans une déclaration transmise à notre rédaction, le collectif souligne qu’ « outre qu’il (Ihsane, ndlr) est présumé innocent et qu’il doit bénéficier de toutes les garanties du procès équitable, prévues dans les textes internes et les conventions internationales, à fortiori en sa qualité de journaliste, la détention provisoire n’est aucunement justifiée dans son cas, lequel dispose, au surplus, de toutes les garanties de représentation nécessaires », ajoutant que « dans ces conditions, nous demandons sa libération immédiate ».
Le collectif réclame également « la mainlevée des scellés de Radio M et de Maghreb Emergent, qui pénalisent plus d’une trentaine de salariés et leurs familles ». Le collectif, qui se dit déterminé à défendre le journaliste devant les tribunaux d’Alger et les instances internationales, lance aussi un appel aux « organisations internationales des droits humains, à la société civile et aux avocats afin qu’ils soutiennent et demandent la libération d’El Kadi Ihsane et toutes les victimes de l’autoritarisme ».
Le collectif est constitué de 12 avocats de cinq pays, à savoir, Saida Ben Garrach, Ayachi Hammami et Abdennaceur Aouini de la Tunisie, Souad Brahma, Abderahim Jamal et Mohamed Sakdou du Maroc, Fatimata M’baye et Youssouf Thierno Niane de Mauritanie, Alexis Deswaef de Belgique et enfin Raphael Kempt, Pierre Brunisso et Mohamed Jaite de France.
El Kadi Ihsane est convoqué par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hmed à Alger pour le jeudi 9 février pour être entendu dans le fonds du dossier. A la veille de cette audition, les journalistes et travailleurs des deux médias Radio M et Maghreb Emergent se sont élevés, dans une déclaration rendue publique, contre la campagne diffamatoire orchestrée à leur encontre sur les réseaux sociaux.
Le collectif des travailleurs des deux médias ont avertis que les auteurs des écrits diffamatoires, qui mettent en doute leurs patriotisme, répondront devant les tribunaux.