Le juge d’instruction près le pôle pénal spécialisé de Constantine a signé ce jeudi 13 avril 2023 l’ordonnance de remise en liberté provisoire de Sebti Farrah, le père du chercheur en géopolitique, Raouf Farrah, après 61 jours de détention préventive, a annoncé sur sa page Facebook son avocat Koceila Zerguine.
« Le père du chercheur Raouf Farrah, Mr Sebti Farrah vient d’être libéré par le juge d’instruction du pôle judiciaire pénal spécialisé de Constantine, ceci après avoir passé 61 jours à la prison de Boussouf (Constantine). Désormais, il pourra retrouver sa famille et suivre les soins médicaux auprès de son médecin traitant, en attendant l’issue de l’instruction toujours en cours devant le même tribunal », a écrit Me Zerguine.
L’avocat n’a pas précisé par quoi a été motivée l’ordonnance du juge d’instruction, mais son écrit laisse comprendre que la remise en liberté provisoire de Sebti Raouf, âgé et malade, a été pour des raisons médicales. Dans un post sur Facebook, daté du 1er avril 2023, Me Zerguine avait fait état de la dégradation de l’état de santé de son client.
« Une nouvelle demande de liberté provisoire sera déposée le 9 mars 2023 en raison de l’état de santé du père de Raouf Farrah qui s’est dégradé depuis son incarcération, car ce dernier souffre de plusieurs maladies, ceci après avoir subi plusieurs interventions chirurgicales, nécessitant un suivi médical spécialisé auprès de son médecin traitant », avait-il alerté.
Dans le même post du début avril, l’avocat a informé qu’une première demande de remise en liberté de ses clients, le père et le fils Farrah, avait été rejetée par la chambre d’accusation en date du 6 mars 2023, confirmant ainsi le mandat de dépôt décidé à leur encontre dans la nuit du 19 au 20 février 2023, à l’issue d’une première audience devant le juge d’instruction.
Raouf Farrah et son père ont été arrêté le 14 février 2023 dans le cadre de l’enquête sur la sortie clandestine du territoire algérien de l’activiste Amira Bouraoui qui, une fois à Tunis, sera exfiltrée vers la France puisque, binationale, elle détient un passeport français. Ils ont été maintenus en garde- à- vue chez la Gendarmerie à Annaba jusqu’au 18 février, date à laquelle ils ont été transférés à Constantine.
Cependant, Raouf Farrah et son père n’ont pas été inculpés dans l’affaire de la fuite d’Amira Bouraoui. Ils sont poursuivis pour d’autres chefs d’inculpation. Selon Me Zerguine, Raouf Farrah est appelé à répondre de deux chefs d’inculpation : « Publication d’informations et documents sur un réseau électronique ou autre moyen téchnologique, dont le contenu est classé partiellement ou intégralement secret » et « réception de fonds auprès d’institutions étrangères ou intérieures dans l’intention de commettre des actes qui pourraient attenter à l’ordre public ». Des poursuites, donc, sur la base de l’article 95 bis du code pénal et de l’article 38 de la loi relative à la protection des données et documents administratifs.
Sebti Farrah, le pére de Raouf, est poursuivi, selon la même source, pour le chef d’inculpation de « participation à la réception de fonds auprès d’institutions étrangères ou intérieures dans l’intention de commettre des actes qui pourraient attenter à l’ordre public ». Des poursuites sur la base des articles 41 et 95 bis du code pénal.
Dans cette affaire sont également poursuivis le journaliste Mustapha Bendjamaa (inculpé également dans une autre affaire liée à la sortie clandestine du territoire algérien d’Amira Bouraoui) ainsi Habes Mountaha, une cadre de la société Asfertrade, une filiale d’Asmidal.