Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Amar Takdjout, met de l’ordre au sein de la centrale syndicale. Le lundi 24 novembre 2025, le patron de l’UGTA a émis une instruction portant sur la dissolution de toutes les coordinations syndicales existantes et l’interdiction d’en créer de nouvelles.
Cette mesure, pour le moins radicale, est motivée, est-il souligné dans ladite instruction, par la constatation de violations de l’organigramme, des statuts et du règlement intérieur de la centrale syndicale.
L’instruction de Takdjout, qui porte le n°286 et est adossée à la loi 02-23 du 24 avril 2023 relative à l’exercice du droit syndical, souligne aussi « l’inexistence de base légale pour la création de ces coordinations » ainsi que la non-conformité de ces dernières avec l’organigramme de l’UGTA. Ceci, en plus de leur influence négative sur le travail syndical, est-il encore mentionné.
Depuis quelques mois, la direction de l’UGTA a maille à partir avec des syndicats d’entreprises qui s’illustrent dans des actions et initiatives non conformes aux textes et à la ligne de conduite de la centrale syndicale. Amar Takdjout et ses collaborateurs sont entrés en conflit ouvert avec le syndicat de la Banque de développement local (BDL) en juin dernier. Un syndicat auquel il a été reproché des « dépassements répétés » de plusieurs natures et qui, conséquemment, a été rappelé à l’ordre et menacé de mesures disciplinaires.
Un organique qui prend l’eau
Élu secrétaire général de l’UGTA pour un mandat de 5 ans lors du congrès extraordinaire de la centrale syndicale, tenu en juillet 2023, Amar Takdjout ne s’est pas distingué depuis par un quelconque haut fait syndical. En deux années à la tête de l’UGTA, il a très peu revendiqué, n’a mené aucune négociation avec l’exécutif autour des questions qui intéressent les travailleurs, ni autour des questions économiques et sociales en général.
Peu entreprenant, il s’est retrouvé face à de nombreuses indisciplines organiques, comme en témoigne la structuration de coordinations syndicales. Des structures non prévues par les textes de la centrale syndicale et qu’il a prises soin de dissoudre sine die à travers une instruction.
Cependant, l’argument mis en avant pour cette dissolution — la non-conformité avec les textes de l’UGTA — est ténu, puisque l’instruction d’Amar Takdjout autorise, exceptionnellement, mentionne-t-elle, la création de coordinations syndicales dans les secteurs de l’éducation et de la santé.