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Iran : le pouvoir durcit le ton face à une contestation à la fois sociale et politique


Une vague de manifestations secoue l’Iran depuis plus d’une semaine, sur fond de crise économique aiguë et d’effondrement de la monnaie nationale.

Face à cette contestation, le guide suprême, Ali Khamenei, âgé de 86 ans, a tenu ses premiers propos publics en adoptant une ligne très ferme. Il a distingué les « manifestants », avec lesquels les autorités pourraient dialoguer, des « émeutiers », qu’il estime devoir être « remis à leur place ». Dans la République islamique, ce type de sémantique a souvent précédé des répressions brutales.

Les manifestations, initialement déclenchées par l’effondrement du rial et l’asphyxie économique, se sont étendues à plus des deux tiers des provinces de l’Iran. Comme lors des précédentes crises, la colère sociale s’est rapidement transformée en contestation politique, visant la légitimité même du régime théocratique. Si l’ampleur du mouvement reste inférieure à celle de 2022, déclenché par la mort de Mahsa Amini en détention policière, sa persistance et sa diffusion géographique inquiètent le pouvoir.

Tensions internationales

Le régime invoque une main étrangère. Ce réflexe n’est pas nouveau, mais il est cette fois nourri par une réalité politique assumée. À Washington, le président Donald Trump a exprimé un soutien explicite aux manifestants, avertissant que les États-Unis ne resteraient pas passifs face à une répression sanglante. Israël, de son côté, soutient clairement ces mobilisations, y voyant une occasion stratégique d’affaiblir durablement son principal adversaire régional. Ce double appui occidental, public et revendiqué, renforce la rhétorique paranoïaque du régime tout en durcissant ses réflexes sécuritaires.

Sur le terrain, les signaux sont préoccupants. Des morts ont déjà été signalés, y compris dans des villes symboliques comme Qom, et le niveau de violence tend à augmenter. Les forces de sécurité — Gardiens de la Révolution et milice Basij — demeurent loyales, bien organisées et rompues à la répression. L’absence d’opposition structurée limite la capacité du mouvement à se transformer en alternative politique cohérente.

À ce stade, la crise révèle moins un risque immédiat de rupture qu’un durcissement assumé du rapport de force entre l’État et une société de plus en plus éprouvée.