Le constructeur chinois Higer Bus a annoncé l’exportation de 3 000 autobus vers l’Algérie, pour une valeur dépassant 1,5 milliard de yuans (environ 210 millions de dollars), la plus importante commande unique jamais réalisée par un fabricant chinois d’autobus à l’export, selon l’entreprise.
Les véhicules, composés d’autobus de 8, 11 et 12 mètres de la nouvelle série V, sont destinés au plan algérien de renouvellement de 10 000 autobus. Une cérémonie de mise en service s’est tenue le 8 janvier sur le site de production de Higer, en présence de représentants de l’ambassade d’Algérie en Chine et de clients algériens.
Présente sur le marché algérien depuis 2005, Higer affirme avoir livré plus de 10 000 véhicules dans le pays, où elle détient l’une des principales parts de marché du transport collectif. Le groupe indique avoir progressivement évolué d’un modèle d’exportation de véhicules finis vers une implantation locale incluant assemblage, services techniques et réseaux de maintenance.
Les autobus de la série V, développés sur trois ans, intègrent des dispositifs de sécurité conformes à plusieurs normes internationales, dont des systèmes de stabilité électronique et des équipements d’évacuation d’urgence. L’entreprise souligne également le déploiement d’équipes techniques résidentes et de centres de service en Algérie afin d’accompagner l’exploitation des véhicules.
Un arbitrage en faveur de la rapidité et des coûts
Au-delà de son ampleur, cette commande illustre une tendance plus large, marquée par la montée en puissance de la Chine comme fournisseur stratégique d’équipements de transport pour l’Algérie, qui s’appuie de plus en plus sur des industriels chinois capables de proposer des volumes élevés et des solutions intégrées combinant produits et services.
Le succès de ce partenariat ne se mesurera toutefois pas uniquement au nombre de véhicules mis en circulation, mais à leur impact durable sur la qualité du service public et sur l’économie nationale. Le recours à des fournisseurs chinois traduit un arbitrage en faveur d’un renouvellement rapide du parc et d’une maîtrise des coûts, au risque de différer à plus long terme le développement d’une intégration industrielle locale.
L’annonce du plan de renouvellement est intervenue au lendemain du drame d’Oued El Harrach, où un bus a chuté d’un pont, faisant 18 morts.