L’annonce par Opel, marque du groupe Stellantis, d’un projet de fabrication en Algérie ne marque pas une entrée industrielle, mais une montée en gamme stratégique. Le groupe assemble déjà localement des véhicules Fiat, un socle qui a soutenu sa spectaculaire reconquête commerciale. La nouveauté tient donc moins à l’usine qu’à ce qu’elle signale, à savoir une projection au-delà du simple assemblage opportuniste.
En 2024, Stellantis a écoulé 67 000 véhicules en Algérie, contre 56 000 en 2023 et 14 000 en 2022, tout en voyant sa part de marché reculer à 65,2 %, après un pic à 86,5 % un an plus tôt. Ce décrochage consacre la normalisation brutale d’un marché où Stellantis avait frôlé le quasi-monopole. La demande a certes explosé, mais l’avantage concurrentiel s’est érodé presque aussi vite. Le montage local de Fiat a permis de capter le redémarrage du marché, sans suffire à en verrouiller durablement les contours.
L’extension annoncée avec Opel vise précisément ce point de bascule. Sur le plan quantitatif, l’effet attendu reste modéré avec une croissance plus lente, mais mieux maîtrisée. L’enjeu n’est pas tant le volume que la stabilisation. Après une normalisation rapide, l’objectif se déplace vers une part de marché plus soutenable.
Produire Opel là où Fiat est déjà montée en cadence ouvre surtout la voie à un léger relèvement du mix produit et du prix moyen. Avec cette diversification industrielle, l’Algérie pourrait passer d’un marché de volume volatil à un pilier régional plus équilibré. Pour Stellantis, ce qui avait commencé comme un pari tactique prend désormais les contours d’un engagement de long terme.