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Œuvres universitaires : sécurisation biométrique et réforme de la restauration


La sécurisation biométrique des cités universitaires et la recentralisation de la restauration au profit d’entreprises publiques constituent deux réformes récentes engagées dans le cadre des chantiers de la numérisation. Leurs effets sont déjà observables. Conduites par l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), ces réformes portent sur l’assainissement des cités universitaires et la réorganisation du système de restauration universitaire.

La première réforme est d’ordre sécuritaire. Selon les chiffres communiqués par l’ONOU ce mercredi 14 janvier, près de 800 personnes non autorisées ont été expulsées des résidences universitaires à l’échelle nationale. L’opération a permis la récupération de 500 chambres, soit environ 1 200 lits, dans un contexte de forte pression sur le logement étudiant.

Mais l’aspect le plus marquant de cette politique réside moins dans les expulsions que dans les outils employés. Les 423 résidences universitaires du pays sont désormais équipées de systèmes d’accès biométriques par reconnaissance faciale, connectés à la base de données nationale PROGRES et au numéro d’identification national de chaque étudiant résident. En parallèle, l’ensemble du parc de chambres a été numérisé et la distribution des logements automatisée.

Le dispositif est complété par une révision des plans de sécurité interne, un renforcement de la vidéosurveillance et un programme de formation des agents de sécurité, mené en partenariat avec la Gendarmerie nationale à partir de novembre 2025.

Des cantines recentralisées

La seconde réforme, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, concerne la restauration universitaire, longtemps critiquée pour sa mauvaise qualité et ses circuits opaques. L’État a opté pour une solution radicale, excluant les fournisseurs privés et confiant l’approvisionnement à un cercle restreint d’entreprises publiques économiques.

Six entreprises, relevant de trois grands pôles industriels sous tutelle des ministères de l’Industrie et de l’Agriculture, assurent désormais l’alimentation de près de 500 000 étudiants. Il s’agit d’ALVIAR pour les viandes rouges, l’ONAB pour les viandes blanches et les œufs, FRIGOMEDIT et SARPA pour les fruits et légumes (pôle AGROLOG), GIPLAIT pour le lait et ses dérivés, et DICOPA (groupe AGRODIV) pour les produits alimentaires généraux.

L’Office national des œuvres universitaires fait état d’une amélioration notable de la qualité et de la quantité des repas, ainsi que d’une transparence accrue des chaînes d’approvisionnement — une recentralisation présentée comme un antidote aux dérives passées.

Ces deux réformes figurent parmi les manifestations les plus visibles de la stratégie de numérisation de l’État dans le secteur universitaire. L’université devient à la fois un espace social protégé et un espace étroitement contrôlé. Les mesures prises reposent sur un arbitrage entre efficacité administrative et libertés individuelles.

Or, le contrôle biométrique généralisé et la dépendance exclusive à des fournisseurs publics peuvent produire de la stabilité — mais aussi de nouvelles rigidités. L’ordre administratif est, pour l’instant, préféré à la flexibilité. Il reviendra aux étudiants de juger, sur la durée, si la sécurité retrouvée et les repas améliorés compensent le sentiment d’évoluer sous une tutelle toujours plus présente.