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L’ONU accuse les forces sécuritaires maliennes de violences contre les manifestants


La Division des droits de l’homme et de la protection (DDHP) de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) a publié un rapport qui établit la responsabilité des forces de l’ordre maliennes dans les violences survenues à Bamako en juillet 2020.

Ce rapport de 30 pages conclut que « des violences et des atteintes aux droits de l’homme ont été commises lors de la manifestation du 10 juillet 2020. Des violences subséquentes le 11, 12, 13 juillet 2020 ont été observées à Bamako ainsi que dans certaines régions ».

L’équipe qui a conduit cette enquête spéciale de la MINUSMA précise notamment « qu’entre le 10 et 13 juillet à Bamako, 14 manifestants, tous de sexe masculin, dont 2 enfants ont été tués lors des interventions des forces de maintien de l’ordre notamment la Gendarmerie nationale, la Police nationale, la Garde nationale et la FORSAT (Force Spéciale Anti-terroriste)».

La MINUSMA indique également qu’ « au moins 158 autres personnes dont 118 agents des forces de défense et de sécurité parmi lesquels 81 fonctionnaires de police ont été blessés du fait de l’intervention des forces de l’ordre et d’actes de violence imputables aux manifestants au cours des évènements du 10 au 13 juillet 2020 ».

Pour jeter la lumière sur ces faits, la MINUSMA avait déployé du 20 juillet au 17 août 2020 une mission spéciale composée de 30 experts chargés des droits de l’homme, dont un membre chargé de la protection de l’enfance et de deux experts scientifiques de la Police des Nations Unies (UNPOL). Elle avait réalisé 161 entretiens avec de nombreux témoins et victimes.

Le rapport de la MINUSMA est critiqué par des acteurs de la société civile, car il ne donne pas les noms des auteurs de ces violations.

Les mobilisations de l’été 2020 au Mali ont été organisées par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), une coalition hétéroclite composée d’opposants politiques, de religieux et d’activistes. Ces protestations de masse avaient largement contribué à la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita, qui a démissionné suite au coup d’État militaire du 18 août 2020 conduit par une junte d’officiers des Forces armées maliennes (FAM).

La transition politique actuelle, entamée depuis septembre 2020, se déroule dans un contexte sociopolitique et sécuritaire fragile, caractérisé par des contestations socio-économiques, la dégradation de la situation des droits de l’homme, l’insécurité au centre du Mali et la présence des groupes terroristes au nord-Mali et dans la zone des « trois-frontières » (Mali, Niger, Burkina Faso).