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L’administration publique se dote d’un pilier central de cybersécurité


L’État algérien a créé une structure nationale chargée de la sécurité des systèmes d’information et de la protection des données, selon un décret présidentiel paru au Journal officiel du 18 janvier 2026. Cette entité est appelée à jouer un rôle central dans l’organisation et la coordination des politiques de cybersécurité au sein de l’administration publique.

La décision intervient alors que l’administration algérienne accélère la dématérialisation de ses services, élargissant l’usage des plateformes numériques dans la gestion administrative et les relations avec les usagers.

La nouvelle structure aura vocation à intervenir dans l’ensemble des institutions, administrations et organismes publics. Ses missions couvrent notamment l’élaboration de normes de sécurité, la prévention des cyberattaques, la protection des données administratives et personnelles, ainsi que le renforcement de la résilience des systèmes d’information de l’État.

Le texte s’inscrit dans la continuité des lois adoptées ces dernières années en matière de lutte contre la cybercriminalité et de protection des données personnelles. Il traduit néanmoins une évolution dans l’approche retenue, en privilégiant un cadre plus centralisé là où les dispositifs existants reposaient jusqu’ici sur des réponses sectorielles.

La souveraineté numérique, un enjeu stratégique

L’objectif affiché de cette centralisation est double : renforcer la protection des données sensibles de l’État — registres administratifs, systèmes financiers, plateformes numériques — et limiter les risques de perturbation du service public dans un contexte de numérisation croissante. À l’international, plusieurs cyberattaques ont montré qu’il était possible de désorganiser des administrations sans recourir à des moyens militaires conventionnels.

L’efficacité du dispositif dépendra toutefois de sa mise en œuvre concrète, notamment de sa capacité à mobiliser des compétences spécialisées et à s’articuler avec les différents ministères et établissements publics concernés. La question de l’équilibre entre exigences de sécurité et respect du cadre juridique relatif aux libertés individuelles et à la protection des données restera également centrale.

Avec ce décret, les autorités inscrivent la cybersécurité parmi les dossiers stratégiques de l’État. L’impact réel de cette nouvelle organisation ne pourra cependant être mesuré qu’à l’épreuve de son fonctionnement effectif.