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Des délais, enfin : Tebboune met l’exploitation minière sous contrainte du temps


Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a fixé, pour la première fois, des délais précis et contraignants pour plusieurs projets miniers stratégiques, marquant une inflexion notable dans la gouvernance économique d’un secteur longtemps entravé par les lenteurs administratives et les hésitations politiques.

Lors du Conseil des ministres tenu dimanche, Tebboune a ordonné le lancement du projet de mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour à l’horizon mars 2026, mettant en avant son impact attendu en matière de création d’emplois et de développement régional. Il a également exigé l’achèvement, d’ici fin 2026, de la ligne ferroviaire minière reliant les gisements de phosphates de Blad El Hadba au port d’Annaba, avec une mise en exploitation au plus tard au premier trimestre 2027.

Le chef de l’État a assorti ces annonces de mécanismes de suivi inhabituels, en exigeant des rapports mensuels sur l’avancement des travaux et une surveillance quotidienne des chantiers, tout en appelant à une exécution « à vitesse maximale ».

Ces engagements calendaires traduisent l’urgence d’accélérer la diversification économique, alors que la dépendance aux hydrocarbures demeure élevée, malgré la hausse récente des recettes énergétiques. Longtemps sous-exploité, le secteur minier est désormais un axe structurant, aux côtés des exportations traditionnelles, notamment à travers la transformation locale des phosphates.

Toutefois, le succès de cette stratégie dépendra moins des annonces que de la capacité de l’État à lever les contraintes structurelles — gouvernance des projets et attractivité pour les partenaires étrangers. En fixant publiquement ces échéances, Tebboune engage ainsi sa crédibilité politique sur la livraison effective de projets emblématiques, dans un pays où les retards constituent historiquement l’un des principaux risques économiques.