L’Algérie a envoyé un signal mesuré de réouverture diplomatique avec la France en recevant, au palais d’El Mouradia, une émissaire française dans un contexte de relations longtemps gelées, le président Abdelmadjid Tebboune ayant assumé ces derniers mois sa volonté de « tourner la page » du quinquennat d’Emmanuel Macron.
Le chef de l’État a reçu Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, lors d’un entretien en tête-à-tête élargi ensuite à son directeur de cabinet, à son conseiller chargé des affaires diplomatiques et à la ministre de la Culture, selon un communiqué officiel. La teneur des échanges n’a pas été rendue publique.
Il s’agit du premier contact politique visible de ce niveau depuis une période de tensions marquée par des différends mémoriels et migratoires, ainsi que par ce que l’État algérien estime être une gestion excessivement personnelle — parfois erratique — de la relation bilatérale par l’Élysée.
Sans mandat exécutif, Ségolène Royal est un choix plutôt pragmatique. Figure identifiée, sans enjeu institutionnel immédiat, elle constitue un vecteur de transmission crédible, permettant de tester l’atmosphère sans engagement formel.
Le message est donc double : l’Algérie n’exclut pas un réchauffement, mais entend en fixer seule le tempo — et, manifestement, pas selon les règles élyséennes actuelles..