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Les frappes sur l’Iran paralysent les hubs du Golfe et désorganisent le trafic aérien mondial


Les frappes américaines et israéliennes lancées contre l’Iran depuis samedi ont déclenché une onde de choc immédiate dans le transport aérien mondial, paralysant une large partie du trafic au Moyen-Orient et perturbant les liaisons stratégiques entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie.

Plusieurs États — Israël, Qatar, Syrie, Iran, Irak, Koweït et Bahreïn — ont fermé leur espace aérien, tandis que les Émirats arabes unis annonçaient une « fermeture temporaire et partielle », selon les autorités et les sites de suivi comme FlightRadar24. Résultat : les grands hubs de Dubaï, Abou Dhabi et Doha ont été contraints de suspendre leurs opérations, entraînant l’annulation de plus de 1 800 vols par les principales compagnies de la région.

Les trois transporteurs dominants dans ces plateformes — Emirates, Qatar Airways et Etihad — voient habituellement transiter environ 90 000 passagers par jour, selon les données de la société d’analyse Cirium. Des centaines de milliers de voyageurs se sont ainsi retrouvés bloqués ou déroutés en quelques heures, illustrant la dépendance du trafic mondial à ces carrefours stratégiques.

Au moins 145 avions en route vers des destinations comme Tel-Aviv ou Dubaï ont été redirigés vers des aéroports tels qu’Athènes, Istanbul ou Rome, d’après FlightAware. Certains appareils ont fait demi-tour après plusieurs heures de vol. Un vol parti de Philadelphie a ainsi passé près de 15 heures dans les airs avant de revenir à son point de départ.

Des infrastructures touchées et des coûts en hausse

Les frappes ont également touché des infrastructures aéroportuaires. À l’aéroport international de Dubaï, l’un des plus fréquentés au monde, quatre personnes ont été blessées. À l’aéroport Zayed d’Abou Dhabi, une personne a été tuée et sept autres blessées dans une attaque de drone, selon les autorités locales. Des incidents ont aussi été signalés au Koweït.

Au-delà des annulations immédiates, les compagnies doivent désormais contourner la zone de conflit, en privilégiant des routes plus au sud, notamment au-dessus de l’Arabie saoudite. Ces détours allongent les temps de vol de plusieurs heures et augmentent la consommation de carburant, ce qui accroît les coûts d’exploitation. Si la crise se prolonge, une hausse des tarifs est probable.

Les autorités indiennes ont classé une grande partie du Moyen-Orient comme zone à haut risque à toutes altitudes. Air India a annulé l’ensemble de ses vols vers la région. Turkish Airlines a suspendu ses liaisons vers plusieurs capitales du Golfe et du Levant, tandis que Delta Air Lines, United Airlines et KLM ont interrompu leurs vols vers Tel-Aviv. Lufthansa, Air France et d’autres transporteurs européens ont annulé leurs dessertes vers le Liban.

Les pays ayant fermé leur espace aérien perdent par ailleurs les redevances de survol versées par les compagnies, tandis que l’Arabie saoudite doit absorber un surcroît de trafic, mettant sous pression ses contrôleurs aériens.

La durée des perturbations reste incertaine. L’attaque similaire de juin 2025 avait duré douze jours. À court terme, les compagnies exhortent les passagers à vérifier le statut de leurs vols et à s’attendre à des retards prolongés.