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Algérie : les exportations de GNL reculent au premier trimestre 2026


Les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont reculé au premier trimestre 2026, limitant la capacité du pays à tirer pleinement parti des tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie liées à la guerre dans le golfe Persique.

Selon un rapport publié par l’Unité de recherche sur l’énergie et relayé par Attaqa, les exportations de GNL de l’Algérie ont diminué de 8,5% en glissement annuel pour s’établir à 2,04 millions de tonnes sur la période janvier-mars 2026, contre 2,23 millions de tonnes un an plus tôt.

Ce niveau constitue un plus bas trimestriel depuis au moins 2013, selon les données disponibles, même si les exportations ont montré un rebond en mars, atteignant 940.000 tonnes, soit une hausse d’environ 40% par rapport à février.

Ce recul intervient alors que les marchés spot du gaz sont marqués par une forte volatilité et des prix en hausse, sous l’effet des risques pesant sur les flux via le détroit d’Ormuz. Dans ce contexte, l’Algérie reste en marge de ces opportunités, faute d’exposition au marché spot.

L’essentiel des exportations gazières du pays, acheminées par gazoducs vers l’Europe, est en effet lié à des contrats de long terme, dont les mécanismes de révision des prix ne sont ni immédiats ni pleinement indexés sur les fluctuations du marché spot, contrairement au GNL.

La Turquie est restée le principal importateur de GNL algérien, absorbant environ la moitié des cargaisons avec 1,02 million de tonnes au premier trimestre, suivie par la France (610.000 tonnes), puis le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et la Croatie.

Si la proximité géographique de l’Algérie avec l’Europe constitue un avantage logistique, la structure contractuelle de ses exportations limite sa capacité à capter rapidement les gains liés aux chocs géopolitiques, contrairement aux grands acteurs du GNL davantage exposés au marché spot.

Un système productif en perte d’efficacité

Malgré le rebond de mars, les perspectives à court terme dépendront de l’évolution de la demande européenne et de la capacité du pays à accroître la part de ses volumes exposés aux marchés flexibles.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de stagnation plus large de l’offre gazière. Selon les données du GECF, la production brute de gaz naturel oscille depuis une décennie entre 180 et 190 milliards de mètres cubes, sans tendance haussière nette. En 2024, elle s’établit à 185,9 milliards de mètres cubes, un niveau proche de celui de 2015, ce qui souligne l’absence de croissance structurelle. Et ce malgré l’entrée en production, depuis 2019, de nouveaux champs dans le Sud-Ouest, cumulant plus de 20 milliards de mètres cubes de capacité.

Dans le même temps, la production commercialisée progresse faiblement et reste contrainte par la hausse de la consommation intérieure, qui a atteint 54,4 milliards de mètres cubes en 2024 contre 40,3 milliards en 2015. Cette pression croissante réduit mécaniquement les marges d’exportation, limitant la capacité du pays à augmenter rapidement ses livraisons, y compris sous forme de GNL.

Les données opérationnelles mettent en évidence des inefficacités dans la gestion du parc amont. Les volumes de réinjection, en baisse sur la décennie (de plus de 77 milliards de mètres cubes en 2015 à près de 52 milliards en 2024), traduisent l’épuisement progressif de certains gisements matures et une moindre capacité à maintenir la pression des réservoirs.

Autre signe des dysfonctionnements : le niveau élevé du « shrinkage » — pertes liées au traitement, aux incidents techniques et aux opérations de maintenance — qui dépasse 26 milliards de mètres cubes en 2024. Cet indicateur, en hausse, met en cause la gestion du parc gazier.