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FFS : Aouchiche appelle à la résilience contre la dépolitisation


À Tizi-Ghennif et Seddouk, samedi 11 avril, le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, recentre son discours sur deux idées-forces : la « résilience nationale » et la dépolitisation. Le reste – dénonciation de l’impérialisme, critiques générales du système – sert de décor.

La résilience est posée comme une urgence stratégique. Elle repose, dit-il, sur deux piliers : la souveraineté et l’adhésion populaire. Aouchiche cherche ainsi à déplacer le débat du terrain sécuritaire vers celui de la légitimité politique. Il ne s’agit pas seulement de tenir face aux chocs extérieurs, mais de reconstruire un lien interne qui se fissure. D’où l’appel à un « nouveau contrat politique et social ». Mais ce cadre reste abstrait. Aucune réforme précise, aucun levier institutionnel n’est avancé. La résilience fonctionne ici comme un mot d’ordre, plus que comme un programme.

La dépolitisation, moteur du blocage

Le diagnostic est plus tranché sur la dépolitisation. Le leader du Front des forces socialistes identifie un enchaînement marqué par l’abstention, le retrait citoyen et l’affaiblissement du lien civique. Un désengagement qu’il présente comme un facteur actif de blocage. Autrement dit, moins les citoyens participent, plus les logiques clientélistes prospèrent. À ses yeux, le système se reproduit aussi par défaut.

C’est là que le FFS déplace la responsabilité. Le pouvoir est critiqué pour sa « gestion sécuritaire » et l’« arbitraire », mais la société est appelée à sortir de la passivité. Selon le FFS, la démission politique nourrit l’immobilisme et installe l’idée que rien ne peut changer.

Dans ce cadre, la participation électorale est revendiquée comme un acte militant. Le parti assume une ligne réformiste : investir les institutions tout en les contestant. Cette position suppose de convaincre qu’on peut lutter de l’intérieur d’un système que le vieux parti de l’opposition dénonçait comme verrouillé.

Le militantisme en héritage

La seconde partie du discours, plus classique, réactive l’héritage militant avec une référence à Ali Mécili. Elle définit le militantisme comme une combinaison de conviction et de responsabilité, à rebours du populisme et des « aventuriers ». Là encore, Aouchiche tente redonner une densité politique à une société qu’il décrit comme désengagée.

Le discours prononcé par le premier secrétaire du Front des forces socialistes lors de son déplacement de week-end esquisse davantage un cadrage qu’un programme. Il fixe un cap : reconstruire la légitimité par la participation et combattre la dépolitisation. Mais il laisse entière la question centrale : la traduction de cette ligne en actes.