Djezzy a présenté un premier trimestre 2026 solide. L’opérateur affiche un chiffre d’affaires de 30,2 milliards de dinars, en hausse de 9,3 % sur un an, et un EBITDA de 13,7 milliards de dinars, en progression de 12 %. La marge d’EBITDA atteint 45,2 %, signe que la croissance ne se fait pas au détriment immédiat de la rentabilité. Pour un secteur des télécoms souvent prisonnier de lourds investissements et d’une pression permanente sur les prix, le signal est positif.
Mais la vraie information n’est pas seulement dans la croissance. Elle est dans l’ampleur de l’effort engagé. Djezzy annonce 16,8 milliards de dinars d’investissements au premier trimestre, soit une hausse de 267 % sur un an. Autrement dit, l’opérateur investit plus de la moitié de son chiffre d’affaires trimestriel. Le groupe explique cet effort par la modernisation du réseau, l’extension des infrastructures et le déploiement de la 5G, déjà opérationnelle dans 18 wilayas.
C’est là que les chiffres méritent qu’on s’y arrête. Djezzy ne se contente pas de publier de bons résultats. Il veut convaincre qu’il est en train de changer d’échelle. La hausse des revenus data, à 18,4 milliards de dinars, soit +14,6 %, montre que le moteur de croissance se déplace vers les usages numériques. La base clients atteint 17,9 millions d’abonnés, en progression de 5 %, mais les revenus augmentent plus vite que le parc. Cela suggère une amélioration de la valeur par client, probablement portée par la consommation de données.
La monétisation de la 5G reste à prouver
Le pari est donc d’investir maintenant pour capter demain la valeur de la 5G. Mais ce pari devra être prouvé. Une technologie ne crée pas automatiquement un marché. Elle exige des usages, des terminaux compatibles, des offres lisibles et une capacité à faire payer plus cher un service réellement différenciant. Dans un pays où le pouvoir d’achat demeure précaire, la monétisation de la 5G ne sera pas mécanique.
Djezzy signe ainsi un bon trimestre, mais aussi un trimestre de transition. La rentabilité est au rendez-vous, la croissance data est réelle, les investissements sont massifs. Mais la question centrale demeure : cette accélération prépare-t-elle une nouvelle phase de conquête, ou annonce-t-elle une bataille plus coûteuse pour défendre ses positions dans un marché arrivé à maturité ?