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Tabac : la vente liée fait flamber le prix des Winston en Algérie


Les prix des cigarettes Winston, l’une des marques les plus demandées sur le marché algérien, ont fortement augmenté ces derniers jours, sur fond de tensions dans la distribution et de pratiques de vente concomitante dénoncées par des buralistes.

Selon plusieurs commerçants, certains distributeurs imposent désormais aux détaillants l’achat de deux cartouches de Gauloises, plus difficiles à écouler, pour deux cartouches de Winston pleine saveur. Cette pratique réduit l’accès au produit le plus recherché, crée une rareté artificielle et désorganise les prix à la revente.

La hausse a été rapide. Le paquet de Winston, vendu récemment autour de 380 dinars, atteint désormais 450 dinars chez certains buralistes. En gros, la cartouche de dix paquets s’échangeait lundi 18 mai à 4 400 dinars, selon un détaillant d’Alger-Centre. À ce niveau, la marge devient aléatoire et le prix final varie d’un point de vente à l’autre.

« À combien vais-je le vendre ? Plus cher que le Marlboro ? », s’agace un buraliste d’Alger-Centre, qui dit acheter plus cher sans pouvoir anticiper le prix auquel le produit sera réapprovisionné. Le consommateur absorbe ainsi l’essentiel du choc, dans un marché où les prix sont censés rester encadrés.

Une inflation venue de la distribution

Le secteur du tabac en Algérie demeure fortement administré. La fabrication relève d’un monopole public, associé à des partenaires émiratis pour la distribution via la STAEM. Les prix officiels évoluent généralement après des ajustements fiscaux explicites, souvent inscrits dans la loi de finances. Le coût industriel du tabac restant relativement bas, ce sont surtout les taxes, prélevées à la sortie d’usine, qui constituent l’essentiel du prix final.

La tension actuelle ne résulte donc pas d’une hausse fiscale annoncée, mais d’un blocage commercial en aval de la chaîne. En obligeant les buralistes à écouler des références moins demandées pour accéder aux Winston, les distributeurs déplacent le risque d’invendus vers les détaillants, qui le répercutent ensuite sur les fumeurs.

Dans un marché réglementé, cette dérive crée un double effet : pénurie sur le produit demandé et inflation informelle sur le prix réel payé par le consommateur.