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Constantine : le torchon brûle entre le maire et Soussou


À Constantine, les clubs changent, les dirigeants tournent et les embrouilles restent au milieu du terrain. Le président de l’APC, Charaf Bensari, et Mohamed Boulahbib, dit « Soussou », nouveau patron du MOC, se rendent désormais coup pour coup par médias interposés. Un derby sans ballon, mais avec des comptes bancaires, des milliards de centimes et, pour l’instant, aucun arbitre vidéo.

Au départ, il y a une subvention municipale promise au Mouloudia de Constantine, club dont les finances ressemblent à une feuille de match après prolongation. Le MOC traîne environ 26 milliards de centimes de dettes et son compte officiel est exposé aux saisies. Sa direction aurait donc voulu faire verser une partie de l’aide sur un autre compte. Pour Bensari, pas question de dribbler le droit budgétaire. L’argent public doit atterrir chez son bénéficiaire officiel, pas être lancé dans la surface en espérant qu’un coéquipier le récupère.

Soussou réplique que la commune n’a pas à discuter avec les créanciers et assure disposer de documents justifiant sa démarche. Il reproche surtout au maire d’avoir transformé une procédure en réquisitoire public, parlant même de « discours de haine ». On était parti d’un RIB et l’on est arrivé à une affaire d’honneur.

Les montants se comportent, eux, comme un marquage défensif un soir de fatigue. Il est question de cinq milliards de centimes d’aide, d’un milliard au cœur du différend bancaire, puis de 800 millions supplémentaires annoncés par l’APC. Trois chiffres, deux versions et une certitude. Au MOC, l’argent est plus souvent annoncé qu’encaissé.

L’histoire est d’autant plus savoureuse que Bensari et Boulahbib ne se découvrent pas. En 2016 déjà, les deux hommes s’étaient publiquement affrontés lorsqu’ils gravitaient autour du CSC. Soussou a longtemps dirigé le rival vert et noir, avant d’y revenir comme directeur général en 2022, sous l’actionnariat de l’ENTP, filiale de Sonatrach. Il en est officiellement parti par démission en octobre 2023, même si la presse sportive avait alors parlé d’un limogeage à peine maquillé. Viré ou démissionnaire, le résultat fut le même. Il a quitté le CSC avant de traverser la ville pour prendre, en janvier 2026, les commandes du MOC.

Le voilà opposé à un autre ancien de la maison constantinoise, comme si le vieux vestiaire du CSC avait décidé de régler ses comptes sur le dos du Mouloudia. Après les déclarations du maire, Boulahbib a annoncé son retrait et demandé une assemblée générale extraordinaire. Sa démission doit encore être examinée, preuve qu’au football local, même les sorties de terrain nécessitent parfois une autorisation administrative.

Pendant ce temps, la préparation de la saison attend, les créanciers aussi et les supporters tentent de comprendre qui finance quoi, sur quel compte et sous quelle présidence. À Constantine, le torchon brûle entre le maire et Soussou. Le problème, c’est que le MOC n’a déjà plus beaucoup de linge propre.