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Niger : l’Algérie déploie quatre chasseurs Su-30 à Niamey


Trois semaines après avoir doté l’armée nigérienne de quatre hélicoptères, l’Algérie franchit un nouveau seuil dans son soutien militaire à Niamey. Quatre chasseurs Su-30 des Forces aériennes algériennes ont atterri dimanche 30 août dans la capitale nigérienne pour une « mission de soutien » à l’armée locale, après la tentative de déstabilisation qui a secoué le pays, a annoncé le ministère de la Défense nationale (MDN).

Le déploiement, ordonné par le chef d’état-major Saïd Chanegriha sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune et « en réponse à la demande du commandement nigérien », comprend deux patrouilles de deux Su-30. Les chasseurs étaient accompagnés d’un appareil de ravitaillement en vol. Le MDN inscrit l’opération dans les efforts de l’Algérie pour renforcer « la sécurité et la stabilité dans la région ».

Le mouvement marque un changement de registre. Le 9 août, l’Algérie avait livré à Niamey deux Mi-24V d’attaque et deux Mi-171 de transport, avec des munitions, des pièces de rechange ainsi que des moyens de maintenance et de soutien logistique. L’ensemble donnait à l’armée nigérienne une capacité aérienne de combat immédiatement exploitable. Cette fois, les appareils ne changent pas de propriétaire : l’Algérie projette ses propres chasseurs et leurs équipages au Niger.

Une mission après la crise de la base 101

La mission intervient après la mutinerie qui a visé, dans la nuit du 28 au 29 août, la base aérienne 101, l’aéroport et plusieurs sites sensibles de Niamey. Les forces restées loyales au général Abdourahamane Tiani ont repris dimanche le contrôle de la base, après des affrontements avec les militaires mutins.

L’Algérie n’a précisé ni la durée du déploiement ni les règles d’engagement des Su-30. Le ministère dit vouloir réaffirmer le « soutien permanent » de l’Algérie au Niger dans ce qu’il qualifie de « circonstance sensible ». Trois semaines après avoir transféré des capacités de combat à son voisin, l’Algérie engage ainsi, pour le soutenir, ses propres moyens aériens au-delà de sa frontière.