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L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis


L’Algérie a décidé jeudi de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, après avoir « épuisé tous les moyens susceptibles de préserver les relations bilatérales », a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué relayé par la télévision publique.

La décision porte à son terme une crise qui couvait depuis plusieurs années et s’était transformée en confrontation ouverte en 2026. Elle constitue l’une des ruptures les plus importantes de la diplomatie algérienne depuis celle avec le Maroc en août 2021.

Les modalités pratiques de la rupture, notamment concernant les représentations diplomatiques et les services consulaires, n’étaient pas immédiatement précisées.

La décision avait néanmoins été précédée par une succession de gestes politiques. Le 7 février, l’Algérie avait engagé la procédure de dénonciation de la convention sur les services aériens conclue avec Abou Dhabi en 2013 et ratifiée l’année suivante.

« Le ton était encore monté fin juillet. Lors de son entretien périodique avec la presse nationale, Abdelmadjid Tebboune avait directement visé les Émirats arabes unis, les qualifiant avec mépris de « micro-État ».  « Il y a beaucoup de divisions dans le monde arabe et nous ne voulons pas aggraver la situation. Sinon, cela fait longtemps que nous aurions rompu nos relations avec ce micro-État », avait-il déclaré.

Tebboune avait également accusé Abou Dhabi d’exercer une influence déstabilisatrice dans plusieurs foyers de crise. « Là où ils mettent le pied, le sang coule », avait-il affirmé, disant disposer de « preuves ». Il avait déjà cité le Mali, la Libye et le Soudan parmi les pays où, selon lui, l’argent émirati alimentait les conflits.

Des divergences devenues stratégiques

La crise dépasse depuis longtemps le strict cadre bilatéral. Alger et Abou Dhabi se retrouvent sur des lignes opposées dans plusieurs dossiers régionaux. L’Algérie reproche notamment aux Émirats leur politique d’influence au Sahel et en Afrique du Nord, ainsi que leur soutien politique au Maroc sur le Sahara occidental.

Les Émirats avaient été, en novembre 2020, le premier pays arabe à ouvrir un consulat à Laâyoune, dans la partie du Sahara occidental contrôlée par le Maroc, un geste interprété par Rabat comme un soutien à sa souveraineté sur le territoire.

La décision de jeudi transforme ainsi un conflit diplomatique longtemps contenu en rupture assumée. En février, l’Algérie avait engagé la dénonciation de l’accord aérien. En juillet, Tebboune avait publiquement laissé entendre que seule sa volonté de ne pas accentuer les divisions arabes avait jusque-là empêché la rupture. Moins de deux mois plus tard, cet ultime verrou a sauté.