La Gendarmerie nationale a remis cette semaine sous les projecteurs une modification de la vignette automobile qui continue de prêter à confusion. Les véhicules roulant au Sirghaz doivent désormais payer la vignette, contrairement à ceux fonctionnant au gaz naturel carburant (GNC).
La mesure découle de la loi de finances pour 2026, publiée au Journal officiel le 31 décembre 2025. Son article 50 a modifié l’article 302 du Code du timbre en retirant les véhicules au GPL carburant de la liste des véhicules exonérés. Les véhicules au GNC conservent cette exemption, désormais étendue aux véhicules électriques et hybrides.
La Direction générale des impôts avait déjà signalé ce changement lors du lancement de la campagne de vignette 2026. Elle précisait que les véhicules équipés d’une carburation au GPL étaient désormais assujettis alors qu’ils bénéficiaient jusque-là de l’exonération.
Le rappel publié par la Gendarmerie sur sa page Facebook Tariki ne crée donc aucune nouvelle règle. Une communication pratiquement identique avait déjà été diffusée début avril.
Le Sirghaz n’est pas du GNC
La confusion vient en partie des appellations. Le Sirghaz commercialisé en Algérie est du GPL/C, du gaz de pétrole liquéfié utilisé comme carburant. Il est composé principalement de propane et de butane et stocké sous forme liquide sous pression. Le GNC est du gaz naturel, essentiellement du méthane, comprimé à haute pression.
Une voiture convertie au Sirghaz n’est donc pas assimilée fiscalement à un véhicule GNC. Depuis 2026, elle doit acquitter la vignette au même titre que les véhicules essence ou diesel correspondant à sa catégorie fiscale.
Les véhicules fonctionnant au GNC restent exonérés, tout comme les voitures électriques et hybrides ajoutées à la liste des exemptions par la loi de finances 2026.
Le GPL/C a pourtant été massivement encouragé ces dernières années en Algérie. Son prix très inférieur à celui de l’essence et les aides à la conversion ont favorisé la diffusion du Sirghaz, bien davantage que celle du GNC.
Le rappel de la Gendarmerie intervient alors que de nombreux automobilistes continuent d’assimiler tous les véhicules roulant au gaz à une même catégorie fiscale.
Un avantage fiscal supprimé après des années d’encouragement
Pendant des années, le GPL/C a été favorisé afin de réduire la consommation d’essence et les importations de carburants. Son prix administré en a fait l’une des solutions les plus attractives pour les automobilistes.
Dans l’exposé des motifs du projet de loi de finances 2026, le gouvernement estimait la consommation de GPL carburant à 1,7 million de tonnes en 2023. Il relevait l’écart entre le GPL/C, vendu 9 DA le litre, et l’essence à 45,62 DA. La différence atteignait 36,62 DA par litre.
Le gouvernement justifie désormais la mesure par la volonté de « rationaliser » l’utilisation du GPL. Il souligne que les volumes consommés sur le marché intérieur réduisent les quantités susceptibles d’être exportées et affiche parallèlement son intention d’encourager la mobilité électrique.
Le GPL/C perd ainsi son exonération de vignette, tandis que les véhicules électriques et hybrides en bénéficient désormais. Le GNC conserve son statut antérieur.
Pour 2026, le délai d’acquittement de la vignette, d’abord prolongé au 31 mai, avait finalement été repoussé au 10 juin. Au-delà de la période légale, un paiement spontané entraîne une majoration de 50 %. Elle passe à 100 % lorsque l’absence de paiement est constatée lors d’un contrôle.