Brahim Hemdani n’aura pas attendu longtemps avant de découvrir l’autre métier d’un sélectionneur, celui de tenir un vestiaire. Rayan Aït-Nouri lui a offert ce premier test contre la Zambie.
Remplaçant au coup d’envoi, le latéral de Manchester City avait été envoyé à l’échauffement avant d’être rappelé. Lorsqu’il lui a été demandé de repartir, il a laissé éclater sa frustration. La scène n’a pas duré longtemps, mais elle a suffi. Le lendemain, Aït-Nouri quittait le rassemblement.
Hemdani pouvait difficilement agir autrement. Un sélectionneur qui débute peut modifier un système, tâtonner sur une association au milieu ou se tromper sur un changement. Il ne peut pas se permettre de laisser s’installer un doute sur son autorité, surtout dès son premier rassemblement.
Le cas Aït-Nouri est pourtant tout sauf banal, parce que le joueur traverse lui-même une période compliquée. À Manchester City, son temps de jeu s’est fortement réduit et la concurrence s’est installée. Pour un joueur qui a toujours eu besoin du ballon et des matches pour exprimer son football, la situation pèse forcément. Elle n’excuse pas son craquage, mais elle évite d’en faire davantage qu’il n’est.
Le talent, malgré tout
Aït-Nouri reste l’un des joueurs les plus naturellement doués de cette sélection. Il sait éliminer, casser une ligne et transformer son couloir en terrain d’aventure, sur une accélération, un crochet intérieur ou une conduite de balle dont il a le secret. Quand il est lancé, le côté gauche semble soudain beaucoup plus large.
Mais le football adore rappeler que le talent n’accorde aucun passe-droit. À Manchester City, l’Algérien traverse justement une période inhabituelle. Depuis le début de saison, il n’a disputé que 105 minutes avec son club et n’a toujours pas joué en Premier League, Gvardiol et Nico O’Reilly étant passés devant lui dans la hiérarchie.
C’est justement pour cela que l’Algérie n’a aucun intérêt à perdre le joueur derrière l’incident. À 25 ans, Aït-Nouri a encore beaucoup de football devant lui. Ce passage difficile à Manchester et cet accès d’humeur avec les Verts peuvent rester ce qu’ils sont aujourd’hui, un mauvais moment, à condition qu’il retrouve rapidement du rythme et que la sélection sache, le moment venu, refermer le dossier.
Maintenant, gagner
Hemdani a posé une première limite. Il doit désormais accomplir la partie la plus importante, gagner.
Le succès contre la Zambie (3-1) a lancé les Verts et le déplacement au Burundi doit leur permettre de confirmer immédiatement. Six points après deux journées ne qualifieraient évidemment personne, mais installeraient une hiérarchie et éviteraient à l’Algérie de retomber dans ces campagnes où chaque déplacement finit par devenir un calcul.
Le Burundi doit donc servir à autre chose qu’à effacer l’épisode Aït-Nouri. Il doit permettre à cette équipe de montrer qu’elle peut imposer son football et son statut sans attendre que la qualification devienne urgente.
Hemdani a rappelé cette semaine qui commandait dans le vestiaire. À Bujumbura, mardi, ses joueurs doivent montrer qui commande dans le groupe.