L’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) a alerté sur la circulation en Algérie d’un produit présenté comme du Dysport 500 unités, un médicament injectable à base de toxine botulique de type A, après un signalement de pharmacovigilance faisant état d’effets indésirables graves. La note d’alerte, référencée n°58-2026, a été publiée le 5 octobre.
Le produit concerné porte le numéro de lot S05061, une date de péremption indiquée à février 2028 et le numéro de série DYN7PCXH84UNBF. Son emballage mentionne le laboratoire britannique Ipsen Biopharm Ltd comme fabricant.
L’ANPP indique cependant que ce lot n’a jamais été fabriqué par un site de production d’Ipsen et n’a pas été libéré par ses propres services. Le produit est donc considéré comme étant d’origine inconnue et suspecté de falsification. Des anomalies ont également été relevées sur le QR code figurant sur l’emballage.
L’agence précise que le produit a été utilisé en dehors de ses indications thérapeutiques autorisées. Elle appelle les professionnels de santé à une vigilance renforcée lors de son acquisition, de sa détention et de son utilisation et rappelle que le Dysport concerné est réservé à un usage hospitalier.
Un numéro de série déjà signalé au Royaume-Uni
Le numéro de série inscrit sur le produit découvert en Algérie avait déjà été identifié quatre ans plus tôt dans une affaire de Dysport falsifié au Royaume-Uni.
En août 2022, l’agence britannique du médicament, la MHRA, avait ordonné le retrait d’un faux lot de Dysport 500 U portant précisément le numéro de série DYN7PCXH84UNBF. Ipsen avait alors confirmé que le produit était falsifié et qu’il avait été introduit sur le marché britannique par des distributeurs non autorisés.
Le numéro de lot signalé à l’époque était différent de celui aujourd’hui retrouvé en Algérie. Cette correspondance ne permet donc pas d’établir que les deux produits proviennent du même réseau, mais elle montre que le numéro de série utilisé sur le conditionnement algérien avait déjà été identifié internationalement comme appartenant à un faux Dysport.
L’ANPP n’a pas précisé où le produit avait été acquis et administré en Algérie, ni si d’autres flacons portant les mêmes références avaient été découverts.