Une tentative de coup d’État a eu lieu mercredi 31 mars vers les coups de 3 h du matin proche du Palais présidentiel à Niamey. Des tirs à l’arme lourde, qui ont duré moins de 20 minutes, ont été entendu à la capitale. La situation est revenue au calme aux premières heures du matin.
En début d’après-midi, l’information a été confirmée par un communiqué du gouvernement du Niger: « Dans la nuit du 30 au 31 mars, une tentative de coup d’État a été déjouée. Une enquête est ouverte. Les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller les auteurs et leurs complices afin de les mettre à la disposition de la justice. Il en est de même pour les commanditaires internes et externes ».
« Le gouvernement tient à féliciter la Garde présidentielle et les autres Forces de Défense et de sécurité pour leur prompte réaction », dit le gouvernement sans donner des détails sur l’opération.
L’Algérie a condamné la tentative de coup d’État au Niger, en « réitérant son plein soutien à la préservation de la stabilité et du bien-être du peuple frère du Niger », selon le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.
D’après la presse nigérienne, le Capitaine Gourouza Sani Saley, chargé de la sécurité de la compagnie aérienne de l’escadrille de Niamey, était parmi des commanditaires et serait en fuite. Quelques-uns de ses éléments auraient été arrêtés.
Cette tentative de coup d’État intervient à deux jours de l’investiture de Mohamed Bazoum, le 2 avril 2021, qui succède officiellement à Issoufou Mahamadou.
En février 2010, un coup d’État orchestré par le commandant Salou Djibo, candidat aux dernières élections présidentielles, avait renversé le président Mamadou Tandja. C’est le président sortant Issoufou Mahamadou qui avait succédé à Salou Djibo.
La victoire de Mohamed Bazoum a été entachée de violences et d’accusations de fraudes de la part de l’opposition, réunie autour de l’ancien chef de l’État candidat du RDR Tchanji, Mahamane Ousmane.
Ousmane conteste les résultats et dénonce un « hold up électoral », même si la Commission électorale (CENI) et la Cour constitutionnelle ont validé la victoire de Mohamed Bazoum.
Le président Bazoum a qualifié les violences survenues au lendemain de sa victoire d’« agitation artificielle et momentanée ». Une manifestation de l’opposition à laquelle Ousmane avait appelé était prévue aujourd’hui à Niamey. Elle a été interdite par les autorités.
En plus des problèmes politiques, le Niger connait une insécurité grandissante et des violences meurtrières menées par des groupes armés. Ces violences ont fait plus de 200 morts durant le dernier mois.