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L’Algérie pousse l’Afrique à financer sa croissance


L’Algérie a appelé samedi les pays africains à mobiliser davantage leur épargne et leurs capitaux pour financer leurs infrastructures et réduire leur dépendance aux financements extérieurs, alors que la hausse mondiale des rendements obligataires renchérit fortement le coût de l’emprunt.

Dans un discours prononcé au nom du président Abdelmadjid Tebboune lors du sommet marquant les 25 ans du NEPAD à Al-Alamein, en Égypte, l’Algérie a plaidé pour que les ressources africaines soient davantage orientées vers les projets du continent. Le texte préconise le financement mixte, le partage des risques avec le secteur privé et la constitution de portefeuilles de projets susceptibles d’attirer les investisseurs.

L’Algérie était l’un des cinq pays à l’origine du NEPAD. Abdelaziz Bouteflika avait participé à sa création avec le Sud-Africain Thabo Mbeki, le Nigérian Olusegun Obasanjo, le Sénégalais Abdoulaye Wade et l’Égyptien Hosni Moubarak.

Le problème africain n’est pas l’absence de capitaux, mais la difficulté à les mobiliser. La Banque africaine de développement estime à plus de 400 milliards de dollars par an le déficit de financement du développement du continent, qui dispose pourtant de plus de 4 000 milliards de dollars d’actifs et d’épargne domestiques.

Reprendre la main sur le coût du financement

L’Algérie a renouvelé son soutien à une agence africaine de notation financière destinée à renforcer la maîtrise du continent sur l’évaluation de son risque de crédit et ses conditions d’accès aux capitaux. La Banque africaine de développement a annoncé cette semaine une nouvelle initiative pour aider les États à préparer et gérer leurs relations avec les agences de notation.

Le discours met également en avant la route transsaharienne, la liaison Tindouf-Zouérate avec la Mauritanie, l’extension du rail vers le sud, la fibre optique transsaharienne et le projet de gazoduc transsaharien. L’Algérie les présente comme des infrastructures destinées à accroître les échanges et l’intégration économique du continent.

Vingt-cinq ans après le lancement du NEPAD, l’Algérie pointe l’écart entre les ambitions affichées et les résultats obtenus. Les institutions existent déjà. La priorité va désormais au financement, à l’exécution des projets et à la mesure de leurs résultats.