L’ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, sera jugé pour l’assassinat de l’ancien président et icône du panafricanisme et de l’anticolonialisme, Thomas Sankara, assassiné à la suite du coup d’État du 15 octobre 1987.
«Ce (mardi) matin, nous avons assisté au délibéré de la chambre de contrôle de l’instruction, qui a renvoyé le dossier en jugement», a déclaré un avocat de la partie civile à l’AFP. «Il s’agit essentiellement de Blaise Compaoré et de 13 autres, accusés d’attentat à la sûreté de l’État», «complicité d’assassinats» et «complicité de recel de cadavres», a-t-il ajouté.
Pour les avocats de la partie civile, « l’heure de la justice a enfin sonné, un procès peut s’ouvrir. Il appartient donc au procureur militaire de programmer une date d’audience ».
Le dossier « Sankara » a été renvoyé devant le tribunal militaire de Ouagadougou le 13 avril 2021, suite à la confirmation des charges contre Blaise Compaoré et les autres accusés.
Thomas Sankara a été chef de l’État de la République de Haute-Volta, rebaptisée, Burkina Faso, de 1983 à 1987.
L’ex-président Compaoré a démissionné après le soulèvement populaire et historique du 31 octobre 2014. Il est arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1987, élu Président en 1991 lors d’un scrutin contesté et boycotté par l’opposition, et réélu en 1998, en 2005 et en 2010.
Après la chute de Compaoré, la vérité et la justice dans l’affaire Thomas Sankara a été une exigence portée haut et fort par les acteurs de la société civile et politique. En mars 2016, la justice burkinabée a émis un mandat d’arrêt international contre Compaoré.
Réfugié en Côte d’Ivoire depuis 2014, l’ex-président ne peut pas être extradé vers son pays d’origine puisqu’il a obtenu la nationalité ivoirienne. Il sera donc jugé par contumace.