Quatre jours après avoir donné l’impression d’ouvrir un nouveau cycle en battant la Zambie (3-1), l’Algérie a découvert à Bujumbura que le renouvellement ne se décrète pas. Le nul ramené du Burundi (2-2) n’est pas alarmant puisque les Verts restent en tête de leur groupe avec quatre points.
Il est en revanche riche d’enseignements pour Brahim Hemdani, dont les choix ont été confrontés à la rudesse des matches à l’extérieur, entre manque d’espace, terrain synthétique, adversaire agressif et erreurs immédiatement sanctionnées.
Hemdani avait choisi de pousser plus loin ses essais. Quatre changements par rapport au onze victorieux de la Zambie, Achref Abada associé pour la première fois à Ramy Bensebaïni dans l’axe, Himad Abdelli au milieu, Adil Boulbina à gauche et surtout Amin Chiakha pour sa première titularisation avec les A. La moyenne d’âge du onze tombait à 25 ans. L’après-Mahrez n’est pas une simple transition, mais une redistribution des rôles.
Le Burundi a mis douze minutes à rappeler que cette audace a un prix. Farès Chaïbi a d’abord trompé son propre gardien sur une remise mal maîtrisée (5e). Puis Bensebaïni, jusque-là le point d’ancrage de cette défense remaniée, a perdu un ballon dont Jean-Claude Girumugisha a profité pour faire le break (12e). Deux buts évitables, dira Hemdani. Deux erreurs surtout qui ont immédiatement changé la nature du match.
La nouvelle garde répond
L’Algérie n’a pas paniqué. Mohamed Bachir Belloumi, l’un des joueurs auxquels Hemdani offre davantage de responsabilités, a réduit l’écart à la demi-heure de jeu, inscrivant son premier but en sélection. Puis Boulbina a égalisé d’un coup franc superbe à la 63e minute. Deux joueurs de la nouvelle vague ont donc réparé une partie des dégâts d’une équipe encore en chantier.
Mais le retour à 2-2 n’a pas effacé le reste. Avec le ballon, les Verts ont longtemps manqué de vitesse pour désorganiser un bloc burundais regroupé. Chiakha, isolé, a peu pesé. Les entrées d’Amoura, Bakrar, Aouchiche et Kebbal n’ont pas suffi à renverser la rencontre. Et dans les dernières minutes, l’Algérie a même dû compter sur Abada pour éviter un troisième but.
Hemdani a parlé d’un « nul équitable » et retenu la capacité de son équipe à revenir de 0-2. Il n’a pas tort. Il ne s’agit plus de savoir si cette jeune équipe possède du talent. Belloumi et Boulbina l’ont encore montré. Il s’agit désormais de savoir à quelle vitesse elle peut apprendre à gagner les matches qui ne lui ressemblent pas.
Avec quatre points en deux journées, l’Algérie reste première du groupe I. Le classement autorise la patience. Le contenu, lui, nous dit qu’entre renouveler une équipe et la rendre fiable, il existe encore un chantier.