Le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi 28 septembre la compagnie espagnole Swiftair à 225 000 euros d’amende pour homicides involontaires dans le crash du vol AH5017 d’Air Algérie. Cette peine, la plus élevée encourue par la société pour cette infraction, correspond aux réquisitions du parquet. Le 24 juillet 2014, l’appareil reliant Ouagadougou à Alger s’était écrasé au Mali avec 110 passagers et six membres d’équipage. Aucun n’avait survécu.
Le tribunal a retenu des négligences de Swiftair dans la formation et l’entraînement des pilotes, qui ont « contribué de façon certaine à l’accident ». L’accusation avait notamment relevé que le commandant de bord n’avait pas suivi une séance obligatoire de remise à niveau consacrée à l’antigivrage. Les deux pilotes sortaient de plusieurs mois d’inactivité. Swiftair avait contesté les conclusions des enquêteurs français et demandé sa relaxe.
Le rapport final de l’enquête de sécurité menée par le Mali explique le déroulement de l’accident. L’antigivrage des moteurs n’avait pas été activé. Des cristaux de glace ont vraisemblablement obstrué des capteurs de pression, dont les indications erronées ont conduit l’automanette à limiter la poussée. L’avion a ralenti, puis décroché, sans que l’équipage parvienne à le redresser.
Le vol portait le numéro d’Air Algérie, mais la compagnie nationale avait affrété auprès de Swiftair le MD-83 et son équipage pour assurer la liaison Ouagadougou-Alger. Six Algériens figuraient parmi les 110 passagers, selon les informations communiquées à l’époque par Air Algérie. La condamnation vise la formation de cet équipage par Swiftair, l’exploitant de l’avion.