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Essais nucléaires français : l’Algérie reprend la dépollution à In Ekker et dénonce le refus de coopération de la France


Soixante-quatre ans après l’accident nucléaire de Béryl, l’Algérie poursuit la dépollution du Sahara. Une deuxième opération d’assainissement du site Béryl E2 a été lancée dimanche 1er novembre à In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset, a annoncé le ministère de la Défense nationale (MDN). L’armée algérienne mobilise ses propres moyens pour éliminer les déchets radioactifs laissés par les essais nucléaires français.

L’opération est conduite sous la supervision du MDN, en coordination avec l’Agence nationale de réhabilitation des anciens sites d’essais nucléaires français. L’Algérie mobilise ses propres compétences et moyens pour éliminer les déchets radioactifs laissés par ces essais.

Dans son communiqué, publié à l’occasion du 72e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, le ministère de la Défense accuse la France de se soustraire à ses « responsabilités pénales » et de refuser de transmettre les documents et cartes permettant de localiser les sites d’enfouissement des déchets radioactifs.

Cette rétention documentaire, dénoncée par les autorités algériennes, complique la dépollution et continue de peser sur le développement des régions d’In Ekker, à Tamanrasset, et de Reggane, à Adrar.

Béryl, l’accident nucléaire du 1er mai 1962

Le site Béryl reste l’un des symboles les plus accablants de l’héritage nucléaire colonial. Le 1er mai 1962, un essai souterrain français avait échappé à son confinement, projetant des matières radioactives hors de la galerie et provoquant un nuage contaminant. Cet accident est documenté jusque dans les rapports parlementaires français.

La nouvelle opération comprend l’identification des zones radioactives, la collecte des déchets et leur stockage dans des conteneurs en béton spécialement conçus à cet effet. Le ministère de la Défense assure que les travaux respecteront les protocoles et normes internationales de sécurité.

La France a réalisé 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966. Plus de six décennies après les premières explosions, l’Algérie doit encore mobiliser ses propres ressources pour traiter une contamination dont elle n’est pas responsable.

Paris toujours sommé de livrer les cartes

La poursuite de la dépollution par des équipes algériennes marque une avancée, mais elle ne saurait décharger la France de ses responsabilités. La communication des archives et des cartes d’enfouissement constitue une exigence élémentaire de sécurité sanitaire et environnementale. L’État français a provoqué cette contamination. Il appartient au gouvernement français actuel de transmettre les archives, de contribuer à la dépollution des sites et d’en assumer les coûts.

Le temps écoulé n’efface aucune de ces responsabilités.