L’extincteur est devenu en quelques semaines l’un des accessoires automobiles les plus recherchés d’Algérie. Vendu autour de 2 000 à 3 000 dinars avant la ruée, il se négocie désormais entre 6 000 et 12 000 dinars selon les modèles et les points de vente. Dans certains cas, le prix a ainsi triplé, voire davantage.
À l’origine de cette brusque tension se trouve le nouveau Code de la route. La loi n° 26-09 du 12 mai 2026, publiée au Journal officiel du 17 mai, fait notamment du triangle d’urgence, du gilet réfléchissant et de l’extincteur des équipements obligatoires de sécurité routière. Son article 121 classe le défaut de ces équipements parmi les contraventions du deuxième degré, passibles d’une amende forfaitaire de 4 000 dinars.
La disposition n’est donc pas apparue en septembre. Mais son rappel ces dernières semaines par la Gendarmerie nationale, notamment à travers sa page Tariki, et les contrôles effectués sur les routes ont brusquement poussé les automobilistes vers les magasins. La demande s’est concentrée sur un marché qui ne disposait manifestement pas de stocks suffisants.
De 2 000 à 12 000 dinars
L’organisation de protection des consommateurs Himayatec dit avoir reçu plusieurs plaintes concernant les prix et la disponibilité des extincteurs. Elle réclame un contrôle du marché ainsi que de la conformité des produits vendus. Le Conseil national des assurances a lui-même relayé, le 13 septembre, l’alerte sur les tensions provoquées par cette nouvelle demande.
Des relevés effectués dans le commerce montrent l’ampleur du mouvement. Des extincteurs proposés auparavant autour de 2 000 dinars sont désormais affichés entre 6 000 et 12 000 dinars. Le phénomène touche également les autres équipements obligatoires. Des triangles de présignalisation vendus autour de 350 dinars sont proposés jusqu’à 1 500 dinars, tandis que le prix de certains gilets réfléchissants est passé d’environ 200 à plus de 500 dinars.
Les véhicules fonctionnant au GPL sont soumis à une exigence supplémentaire. La Gendarmerie nationale a rappelé qu’ils doivent disposer d’un extincteur à poudre d’au moins deux kilogrammes, ce qui accentue la pression sur cette catégorie de produits.
L’obligation était inscrite dans le Code de la route depuis mai. Mais les rappels des services de sécurité, les contrôles et la perspective d’une amende de 4 000 dinars ont concentré en quelques semaines une demande massive sur un marché insuffisamment approvisionné, transformant l’extincteur en produit rare et faisant décoller son prix.