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Incident diplomatique à Tokyo : l’APS dénonce une diplomatie marocaine de « voyous »


La scène capturée à Tokyo résume parfaitement l’atmosphère qui entoure le dossier sahraoui. Vendredi 23 août, lors d’une réunion préparatoire à la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), un délégué marocain a bondi sur une table pour arracher le chevalet portant l’inscription « Sahrawi Republic », placé devant Lamine Baali, ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) auprès de l’Union africaine.

La réaction est immédiate. En une fraction de seconde, un délégué algérien saute sur le dos du diplomate marocain, le ceinturant pour le plaquer au sol. Malgré ses efforts pour se libérer, le Marocain reste immobilisé jusqu’à l’intervention des organisateurs, qui parviennent à séparer les deux hommes.

Le chevalet « Sahrawi Republic » au cœur de la tension

La vidéo, filmée lors de la préparation de la conférence, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, cumulant des millions de vues sur X et TikTok, et inspirant de nombreux mèmes. L’agence officielle algérienne APS a qualifié l’incident de reflet du « désespoir » de la diplomatie marocaine, qui s’efforcerait vainement de « se donner l’illusion d’un succès sur le plan international ».

Porte-voix du gouvernement algérien, l’APS poursuit en affirmant que « le Maroc a systématiquement recours à la violence et au comportement de voyous pour arriver à ses fins ». Dans une dépêche au ton particulièrement sévère, l’agence estime également que « la diplomatie marocaine s’inspire désormais de l’occupation sioniste dans ses tentatives d’étouffer la lutte du peuple sahraoui pour l’exercice de ses droits légitimes et inaliénables à l’indépendance et à l’autodétermination ».

Cette réunion s’inscrit dans le cadre des partenariats internationaux établis par l’Union africaine, qui collabore notamment avec la Ligue arabe, l’Union européenne et d’autres regroupements régionaux.

Le coup de force du désespoir marocain

La Ticad, Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, est un forum diplomatique de premier plan lancé en 1993 par le gouvernement japonais. Organisée tous les trois ans, cette plateforme réunit des dirigeants africains, des partenaires internationaux du développement, dont les Nations unies et la Banque mondiale, ainsi que diverses organisations de la société civile. Elle vise à promouvoir un dialogue de haut niveau sur le développement du continent africain, en mettant l’accent sur l’aide économique, les investissements du secteur privé et la gouvernance politique.

L’APS rappelle que, depuis plusieurs années, le Maroc déploie d’intenses efforts pour rallier l’Union africaine à ses positions et tenter de réduire l’influence de la République sahraouie au sein de l’organisation.

L’agence officielle déclare ainsi : « Il convient de rappeler ici que l’excès de zèle et l’ambition démesurée du Maroc l’ont amené à faire la promotion de purs mensonges, les présentant comme des victoires diplomatiques. Ce fut le cas lors de la réunion du Conseil exécutif des ministres des Affaires étrangères de l’UA, tenue en juillet dernier, dont les médias marocains, officiels et officieux, se sont servis comme tribune pour faire la publicité de décisions fictives que l’UA aurait prétendument adoptées concernant l’exclusion de la République sahraouie des réunions des partenariats. »

Deux récits opposés autour d’une même vidéo

La dépêche de l’agence de presse algérienne affirme encore que « tout au long de la période préparatoire de la réunion de Tokyo, le Maroc a vainement tenté de convaincre ses alliés africains et le pays hôte de ses thèses visant à exclure la République sahraouie ».

Et l’APS de marteler : « C’est un double revers cuisant pour le Maroc : le ministre sahraoui a non seulement participé à la réunion de Tokyo, mais il a aussi bénéficié d’une protection personnelle du pays hôte, qui, selon les allégations marocaines, ne reconnaîtrait pas la République sahraouie. »

De son côté, le Makhzen, à travers les médias marocains, officiels comme non officiels, a imputé l’origine de l’attaque à l’Algérie. Malgré la vidéo, qui ne laisse guère de doute sur l’identité de l’agresseur, certains titres affirment sans ambages : « Un diplomate algérien attaque un Marocain ».

Le rédacteur de l’APS commente enfin : « Outre l’arrogance et le cynisme, la diplomatie marocaine a appris de l’occupation sioniste à ne respecter aucune ligne rouge, qu’elle soit diplomatique, politique, coutumière ou morale, et, surtout, que la fin justifie les moyens, fussent-ils les plus immondes. »