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Licenciements à la pelle à l’APS


Un climat délétère secoue l’Agence Presse Service (APS), agence publique de presse, depuis plusieurs semaines. Démissions, licenciements, suspensions, décisions de mise à pied et poursuites judiciaires se succèdent à l’Agence, sise avenue des frère Bouadou, à Alger. 

Des employés de l’APS parlent de «règne de la terreur» depuis le licenciement de cinq syndicalistes, membres de la section UGTA de l’Agence, début septembre. «C’est devenu compliqué de travailler et d’exercer son droit syndical», affirme un journaliste de l’agence, sous le couvert de l’anonymat.

Il dénonce des «pressions» exercées sur certains de ses collègues à coup de questionnaires. Ces mesures visent à «étouffer toute volonté de revendiquer un droit quelconque», souligne une source syndicale.

À l’origine de ce «climat social altéré», cette mesure de licenciement inédite prise à l’encontre des cinq syndicalistes.

Il s’agit du secrétaire général Youcef Ait Said, et quatre memebres du syndicat: Belahcene Walid, Mameri Rafik, Meziane Cheballa et Hassene Larkem.

Ce licenciement intervient après que les syndicalistes ont eu gain de cause, de manière définitive, par voie de justice après plusieurs mois de suspension qu’ils ont qualifiée d’ «arbitraire».

Forts d’une décision de justice ordonnant leur réintégration, les syndicalistes se sont heurtés depuis au refus de la direction de mettre en application ladite décision.

Estimant être dans son bon droit, la direction de l’APS a saisi la justice en référée pour invalider la décision de réintégration. Résultat, elle est déboutée en référée et opte pour une solution extrême : toutes les décisions de suspension sont transformées en licenciement avec effet rétroactif.

Les syndicalistes qui ont déjà saisi la centrale syndicale pour qu’elle intervienne viennent de solliciter cette fois-ci le nouveau ministre de la communication, Mohamed Lagab, pour l’alerter sur la tournure dramatique qu’est en train de prendre cette affaire.

Puis, il y’a eu récemment ces deux pétitions : l’une demandant la tenue d’une assemblée générale ordinaire du syndicat de l’APS, l’autre réclamant la revalorisation de la prime de départ.

La première pétition a fait une première victime, lundi 6 novembre. Il s’agit d’un journaliste, ancien responsable de la direction centre, qui a fini par démissionner après avoir été convoqué par la commission de discipline et sanctionné à travers 15 jours de mise à pied.

Pourtant, selon des sources syndicales, le dossier du journaliste démissionnaire est «vide». «Plusieurs journalistes veulent quitter l’agence car ils ne peuvent plus supporter le climat qui y règne», ajoutent ces mêmes sources.