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L’OPGI d’Oran incapable de gérer son programme de logements


Le rapport 2020 de la Cour des comptes souligne que le plan de charges confié à l’Office de promotion et de gestion immobilière d’Oran était au-dessus de ses capacités organisationnelles et en ressources humaines.

Ce plan de charges, inscrit à l’indicatif du ministère de l’habitat dans le cadre des deux quinquennaux 2005-2009 et 2010-2014, appelés respectivement programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) et programme de consolidation de la croissance économique (PCCE), est toujours en souffrance en dépit de sa réévaluation estimée à plus de 18% de l’autorisation programme initiale.

Il s’agit de de 57 600 logements (LPL), réparti sur 75 projets, pour une autorisation de programme initiale de 132,9 milliards DZD, réévaluée à 156,9 milliards DZD en 2018 (environ 1,5 milliard USD). A cela s’ajoute 5 847 logements locatifs des programmes antérieurs à 2005, soit un total de 63 447 logements locatifs à réaliser, ainsi que la réhabilitation du vieux bâti.

La réalisation de ces logements a été confiée de gré à gré, pour 70% du programme (44 630 logements), à neuf entreprises étrangères (42 630 logements) et trois entreprises publiques (2 000 logements).

A fin 2017, constate la Cour des comptes qui a examiné la qualité de gestion de l’office au titre de la période 2012-2017, le taux global de réalisation de ce programme de logements n’a pas dépassé les 63%.

Exemples : « 5 847 logements du programme d’avant 2005 n’étaient pas encore achevés à fin 2014. De même pour le programme de résorption de l’habitat précaire (2005-2009) qui accusait un retard considérable au 31 décembre 2015. Ainsi, sur 13 500 logements prévus, 4 000 logements étaient à l’arrêt et 9 500 logements n’étaient pas encore lancés. 31 projets totalisant 15 420 logements représentant 27% de l’ensemble des logements ont connu des délocalisations. L’inscription de ces programmes remonte aux années 2005-2014 alors qu’ils n’ont vu les décisions de délocalisation se matérialiser qu’en janvier 2016 ».

Quant au vieux bâti, les statistiques des services de l’OPGI et le rapport sur les zones d’habitats de la ville d’Oran établi par l’ex directeur de l’urbanisme et de la construction de la wilaya d’Oran en 2005, cités par la Cour des comptes, montrent l’ampleur et l’évolution du nombre des immeubles menaçant ruines à Oran.

Ils étaient 528 immeubles en 1997. Ce nombre s’est multiplié par quatre en 2005, atteignant 1990 immeubles. 172 immeubles ont été démolis entre 2008 et 2014 et leurs occupants évacués. Les opérations de réhabilitation ont concerné 600 immeubles pour un montant global de 3,8 milliards DZD inscrit en 2007.

« La mise en œuvre des programmes d’habitat confiés à l’office est caractérisée par : l’absence de maturation des projets, induisant des délocalisations, des contentieux préjudiciables et des retards considérables dans leur réalisation ainsi que des insuffisances dans la passation et l’exécution des marchés, impactant les coûts et les délais de réalisation des projets et rendant la situation financière de l’office vulnérable. Par ailleurs, Il a été relevé une faible maîtrise des opérations de réhabilitation et de démolition du vieux bâti, confiées à l’office », conclut la Cour des comptes.