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Midterms aux États-Unis : l’Amérique vote pour limiter ou prolonger le pouvoir de Trump


Les Américains renouvellent ce mardi 3 novembre la Chambre des représentants et une partie du Sénat, lors d’élections de mi-mandat qui détermineront les marges de manœuvre de Donald Trump jusqu’en 2029. Les démocrates devancent les républicains dans les sondages nationaux, mais cette avance ne préjuge pas du résultat. Les erreurs passées des instituts, la géographie électorale et les faiblesses de l’opposition entretiennent l’incertitude.

Selon la dernière enquête Reuters/Ipsos, publiée lundi, 46 % des électeurs inscrits déclarent vouloir voter démocrate contre 38 % républicain. La cote d’approbation de Trump est tombée à 32 %. Le pouvoir d’achat domine la campagne, sur fond d’inflation, de droits de douane et de hausse des prix de l’énergie depuis le début de la guerre contre l’Iran en février.

Cette photographie de l’opinion doit être maniée avec prudence. En 2016, 2020 et 2024, les sondages précédant les présidentielles ont sous-estimé, à des degrés divers, le vote républicain. Le Pew Research Center souligne que le principal défi, cette année, consiste à anticiper qui se déplacera aux urnes, notamment parmi les jeunes et les minorités.

Surtout, les sondages nationaux n’élisent pas le Congrès. Le résultat dépend de centaines de circonscriptions et de quelques États disputés. Les 435 sièges de la Chambre et 35 sièges du Sénat sont en jeu. Les républicains disposent de 53 sièges sur 100 au Sénat, où les démocrates doivent gagner quatre sièges nets. Plusieurs courses sont serrées, de l’Alaska au Texas, en passant par le Maine et le Michigan.

Le rejet de Trump ne suffit pas aux démocrates

L’impopularité de Trump ne se traduit pas automatiquement par une adhésion au programme démocrate. Le parti reste divisé sur l’immigration, les questions identitaires et les revendications de son aile progressiste. Les républicains exploitent cette difficulté en associant leurs adversaires au « wokisme », notamment sur la place des athlètes transgenres dans les compétitions féminines.

Un sondage Economist/YouGov réalisé en août indique que 63 % des Américains interrogés s’opposent à la participation d’athlètes transgenres aux équipes correspondant à leur identité de genre. Plusieurs responsables démocrates cherchent à infléchir leur discours, tandis que d’autres redoutent de renier des principes défendus par leur électorat. Le parti doit convaincre des électeurs mécontents de Trump sans raviver les fractures qui ont marqué sa défaite présidentielle de 2024.

Ces tensions peuvent peser dans les circonscriptions décisives, où une faible variation de participation suffit à modifier l’issue du vote. L’avance démocrate nationale n’a rien d’une victoire acquise.

Un Congrès décisif pour le reste du monde

La perte de la Chambre priverait Trump d’une partie de sa liberté législative. Les démocrates pourraient bloquer des textes budgétaires, ouvrir des enquêtes parlementaires et contrôler plus étroitement l’administration. Une majorité au Sénat leur donnerait aussi prise sur les nominations.

Les répercussions iraient bien au-delà des États-Unis. Le Congrès vote les crédits militaires, finance l’aide à l’Ukraine et peut peser sur les moyens militaires engagés contre l’Iran. Celle-ci a perturbé les flux d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz et renchéri l’énergie sur les marchés mondiaux. Le commerce international, affecté par les droits de douane américains, dépend lui aussi des rapports de force à Washington.

Un revers parlementaire ne paralyserait toutefois pas la Maison-Blanche. Trump conserverait de larges pouvoirs en matière de diplomatie, d’opérations militaires et de décisions exécutives. Un Congrès démocrate pourrait lui opposer des obstacles financiers et politiques, sans le contraindre à abandonner ses orientations.

À quelques heures du dépouillement, le scrutin reste ouvert. Il dira si la contestation de Trump est assez forte pour déplacer la majorité au Congrès, et si les démocrates ont réussi à convertir le mécontentement en sièges. Pour les alliés comme pour les adversaires des États-Unis, la réponse dessinera les limites du pouvoir présidentiel jusqu’en 2029.