Actualisation, vendredi 25 septembre au soir. Naziha Benchicou apporte une nouvelle précision sur les funerailles de son père. Après avoir dénoncé un refus de rapatrier son corps en Algérie, elle indique qu’il sera finalement inhumé samedi au cimetière de Garidi, à Alger. « Selon les autorités, mon père serait finalement bien enterré demain », écrit-elle sur Facebook.
Les autorités n’ont pas publiquement démenti le refus qu’elle avait rapporté plus tôt ni expliqué cette évolution.
Quelques heures auparavant, cet enterrement semblait compromis. Vendredi après-midi, Naziha Benchicou avait affirmé que les autorités algériennes refusaient le rapatriement du corps du journaliste et écrivain, mort jeudi à l’âge de 74 ans. Elle l’a annoncé vendredi après-midi sur Facebook, après l’annonce des modalités de son inhumation.
« Même après sa mort, il continue d’être harcelé », écrit-elle. Naziha Benchicou estime que personne ne peut priver un ressortissant du droit d’être enterré dans son pays. Dans son message, elle attribue ce refus au gouvernement algérien, sans préciser quelle autorité en a informé la famille ni sous quelle forme.
Plus tôt vendredi, Le Matin d’Algérie avait annoncé l’arrivée du corps à l’aéroport d’Alger samedi à 10 h 30. L’enterrement devait suivre dans l’après-midi au cimetière de Garridi, à Kouba, auprès des parents de Mohamed Benchicou, conformément à ses dernières volontés.
Le départ du corps depuis Rueil-Malmaison, près de Paris, était prévu vendredi. Le message de sa fille signalait un changement après l’annonce de ce programme.
Fondateur du Matin en 1991 avec Saïd Mekbel et d’autres journalistes, Mohamed Benchicou avait fait de ce quotidien l’une des voix les plus critiques de la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Il avait passé deux ans en prison, de 2004 à 2006, avant de reprendre son travail d’écrivain.
À Constantine, en 2008, Benchicou avait corrigé une lecture de son recueil Je pardonnerai, écrit en prison. Il pouvait pardonner à ceux qui avaient douté de lui ou l’avaient abandonné. « Je n’ai pas dit que je pardonnerai à mes bourreaux », avait-il insisté.