Le journaliste d’investigation nigérien Moussa Aksar, directeur de publication du journal « L’Évènement » et président de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) est cité à comparaitre ce 8 janvier 2021 au tribunal de Niamey.
C’est son enquête sur les malversations au ministère de la Défense du Niger, publiée dans le cadre du dossier FinCEN Files, coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dont Moussa Aksar est membre, qui lui a valu ses poursuites judiciaires.
La CENOZO, ce projet qui regroupe plusieurs journalistes d’investigations d’Afrique de l’Ouest, estime dans son communiqué publié le 07 janvier que «cette citation à comparaitre est une manœuvre d’intimidation du journaliste qui, pendant qu’il menait ses investigations, avait déjà fait l’objet de menaces de mort dont la plainte devant la justice nigérienne est restée sans suite jusqu’à ce jour ».
Contacté par Twala, Moussa Aksar a dénoncé l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique nigérien. « Avant et après cette publication, je suis victime d’un harcèlement permanent de la part du pouvoir de Niamey », a-t-il dit.
Moussa Aksar subit régulièrement des intimidations et des menaces à cause de ses enquêtes comme celle sur les trafics au nord Niger. Mais il reste résolu à poursuivre son combat pour un journalisme libre au Niger qu’il considère comme un « devoir ». « Je suis déterminé à continuer à me battre pour que la bonne gouvernance ne soit pas un vain mot au Niger. Ce dossier ne sera pas enterré », ajoute-t-il.