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Ooredoo mise gros sur l’Algérie à l’heure de la 5G


L’Algérie s’impose comme l’un des relais de croissance les plus marquants pour Ooredoo, à un moment où le marché des télécommunications entre dans l’ère coûteuse de la 5G. La filiale algérienne du groupe qatari a enregistré environ 237 millions de dollars de revenus au premier trimestre 2026, contre 204 millions de dollars sur la même période l’année précédente, selon les états financiers consolidés arrêtés au 31 mars. Cela représente une progression de 16,2 %, une croissance supérieure à celle du chiffre d’affaires consolidé du groupe.

Ce dynamisme s’explique principalement par la hausse des services télécoms, la quasi-totalité des revenus provenant de l’activité mobile en Algérie, qui atteint près de 237 millions de dollars. Ooredoo classe ainsi l’Algérie parmi ses six segments opérationnels suivis individuellement, aux côtés du Qatar, de l’Irak, d’Oman, du Koweït et de ses activités asiatiques.

Désormais, la filiale algérienne représente près de 14 % du chiffre d’affaires consolidé d’Ooredoo, qui s’établit à environ 1,7 milliard de dollars au premier trimestre. Un an auparavant, cette part était d’environ 12,7 %. L’Algérie n’est donc plus simplement un marché régional parmi d’autres, elle prend une place croissante dans les comptes du groupe.

La rentabilité progresse également, mais à un rythme plus modéré que les revenus. Le résultat avant impôt d’Ooredoo Algérie avoisine 49 millions de dollars, contre 45 millions de dollars au premier trimestre 2025, soit une progression d’environ 8,5 %. Toutefois, la marge avant impôt recule à 20,7 %, contre 22,2 % un an plus tôt. Si la croissance commerciale est réelle, elle s’accompagne d’une pression accrue sur les coûts, les amortissements et les investissements dans le réseau.

41,5 millions de dollars investis en trois mois

L’élément le plus marquant concerne cependant les investissements. Ooredoo Algérie a consacré environ 41,5 millions de dollars au capex lors du premier trimestre, soit près du quart des investissements consolidés du groupe, alors même que la filiale ne génère que 14 % de ses revenus. Ce décalage traduit un effort d’équipement supérieur à l’importance immédiate du marché algérien.

Ooredoo n’établit pas de lien explicite entre cette hausse des investissements et le déploiement de la 5G dans ses comptes. Néanmoins, le calendrier algérien laisse penser que c’est bien l’une des raisons principales. L’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques a lancé en 2025 la procédure d’attribution de trois licences 5G, destinées aux opérateurs déjà présents sur le marché mobile. Désormais, Ooredoo Algérie propose une offre 5G sur son site, avec des débits annoncés allant de 900 Mbps à 1 Gbps.

La transition technologique se reflète déjà dans les comptes, avant même de se traduire pleinement dans les usages. Les amortissements et dépréciations du segment algérien atteignent environ 53 millions de dollars au premier trimestre, soit un montant supérieur au résultat avant impôt. Les actifs dédiés à l’Algérie s’élèvent à près de 1,69 milliard de dollars, confirmant le caractère fortement capitalistique de l’activité.

Pour Ooredoo, l’Algérie constitue ainsi un marché en pleine croissance, mais qui nécessite une nouvelle phase d’investissement. Du côté des télécommunications nationales, ces chiffres fournissent une première estimation du coût économique de la 5G : avant de percevoir des revenus additionnels, les opérateurs doivent financer l’acquisition des fréquences, densifier les réseaux et absorber une nouvelle vague d’amortissements.