Le Front des forces socialistes (FFS) a réaffirmé vendredi son opposition à la peine de mort et à toute reprise des exécutions en Algérie, après l’annonce d’un durcissement de la réponse pénale à la suite des incendies meurtriers de l’été.
« Le FFS, comme hier, rejette aujourd’hui clairement la peine de mort et refuse le retour à son exécution », a déclaré son premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, à l’ouverture de la session ordinaire du conseil national du parti. Une telle évolution constituerait, selon lui, « un recul grave » en matière de droits humains.
Une critique du tout-sécuritaire
Aouchiche a rappelé que l’Algérie n’a plus procédé à une exécution depuis 1993. Maintenir ce moratoire, a-t-il insisté, « ne signifie en aucun cas l’impunité des criminels ni la complaisance à leur égard ». Le FFS estime que l’État peut faire preuve de fermeté sans renoncer à ses engagements en matière de droits humains.
Le dirigeant du parti a relié cette position aux incendies qui ont notamment frappé Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou. Au-delà de leur origine, ces feux ont selon lui révélé les faiblesses de l’État en matière d’anticipation, de prévention et de gestion des risques majeurs. « Ce qui nous manque, ce n’est pas l’absence de solutions », a-t-il déclaré, mais une véritable politique de prévention et une culture institutionnelle de l’anticipation.
Une crise de confiance politique
Aouchiche a également dressé un bilan sévère des dernières législatives, marquées selon lui par une abstention proche de 80 %. « Lorsque près de huit citoyens sur dix choisissent de ne pas participer, il ne s’agit pas d’une simple statistique électorale », a-t-il estimé, y voyant le signe d’une profonde « crise de confiance » entre citoyens et institutions.
À l’approche des élections locales du 28 novembre, le FFS demande enfin aux autorités de ne pas reproduire les « purges » et « interventions arbitraires » qu’il affirme avoir constatées lors des législatives, et réclame davantage de pouvoirs et de moyens pour les élus locaux.