Chargement ...

El Tarf : après les incendies, la pénurie d’eau pousse les habitants dans la rue


À Zitouna, le feu s’est éloigné, mais l’eau n’est toujours pas revenue. Vendredi 24 juillet, dès 9 heures, des habitants de la Cité des Martyrs ont bloqué la route nationale 82 pour protester contre une coupure qui dure, selon eux, depuis plusieurs semaines.

Quelques jours auparavant, les incendies avaient menacé leurs maisons et contraint plusieurs familles à quitter les lieux. Lorsque les flammes se sont rapprochées, l’absence d’eau n’était plus seulement une difficulté quotidienne. Elle devenait un risque supplémentaire pour des habitants livrés à leurs propres moyens.

Dans cette commune de la wilaya d’El Tarf, la chaleur caniculaire et les feux ont rendu la pénurie particulièrement éprouvante. Pour boire, cuisiner ou se laver, les familles doivent se tourner vers les vendeurs privés. Une citerne de 3 000 litres coûte 3 000 dinars et ne dure parfois que trois jours. L’eau minérale représente une autre dépense difficilement supportable pour les foyers les plus modestes.

Les protestataires assurent avoir saisi à plusieurs reprises le président de l’Assemblée populaire communale, le chef de daïra et les services de l’Algérienne des eaux. Sans résultat concret, affirment-ils. Le blocage de la RN 82 est ainsi devenu leur dernier moyen de se faire entendre.

Un problème de réseau plus que de ressources

La situation est d’autant plus difficile à accepter que les habitants ne parlent pas d’un manque de ressources. Ils dénoncent avant tout les défaillances du réseau et une distribution irrégulière qui revient chaque été. En hiver, les cours d’eau et les puits permettent encore de compenser les coupures. Durant les périodes de sécheresse et de forte consommation, cette solution disparaît.

La crise ne se limite pas à Zitouna. Des perturbations similaires ont été signalées dans plusieurs communes de la wilaya, notamment à Aïn Kerma, Bouhadjar, Oued Zitoun et Hammam Béni Salah.

Dans une région régulièrement présentée comme l’une des plus arrosées du pays, l’eau est ainsi devenue une marchandise livrée par camion. Après avoir fui les incendies, les habitants de la Cité des Martyrs doivent désormais bloquer une route pour réclamer l’accès au robinet.

D’après des informations publiées le 24 juillet 2026 par L’Est Républicain, quotidien francophone basé à Annaba.