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Phosphate : à cinq mois des premières exportations annoncées, Tebboune presse le port d’Annaba


Le président Abdelmadjid Tebboune a de nouveau demandé, dimanche 18 octobre, d’accélérer la mise en exploitation du quai phosphatier du port d’Annaba. Lors du Conseil des ministres, il a qualifié cette infrastructure d’enjeu « régional et méditerranéen », appelant à son entrée en service dans les meilleurs délais. Cinq mois plus tôt, le chef de l’État avait pourtant fixé une échéance précise : l’Algérie devait commencer à exporter le phosphate de Bled El Hadba au plus tard en mars 2027.

Cette instruction remonte au Conseil des ministres du 19 avril. Tebboune avait alors demandé au gouvernement de lancer les exportations du phosphate extrait du gisement de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, en faisant coïncider cette échéance avec l’achèvement du quai minéralier d’Annaba.

Le projet repose sur une chaîne d’infrastructures reliant le gisement aux marchés internationaux. Elle comprend l’extraction et la transformation du phosphate, son acheminement par voie ferrée jusqu’à Annaba et son chargement sur les navires.

La ligne ferroviaire minière de l’Est, longue de 422 kilomètres, relie la région de Tébessa au port d’Annaba en traversant notamment Souk Ahras et Guelma. Ses travaux de dédoublement, de rectification et de modernisation sont répartis entre plusieurs tronçons.

Du gisement au port, toute une chaîne à achever

Les 24 et 25 septembre, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, avait inspecté plusieurs sections de cette ligne. Il avait demandé aux entreprises de renforcer leurs moyens humains et matériels pour accélérer les travaux.

Au port d’Annaba, une cérémonie officielle a marqué, le 23 septembre, le lancement des travaux des installations portuaires destinées à la réception et au chargement des produits phosphatés. Le quai minéralier, la digue et les opérations de renforcement des sols étaient déjà en chantier.

Lors de cette visite, les autorités ont annoncé que 910 des 1 322 pieux prévus avaient été réalisés, à une cadence de sept à dix pieux par jour. Les travaux de remblaiement portaient sur une superficie d’environ 82 hectares.

Les nouvelles infrastructures portuaires doivent permettre, à terme, de traiter quelque dix millions de tonnes de phosphate et de produits phosphatés par an.

Mars 2027, une échéance toujours sans calendrier actualisé

Le calendrier de leur réalisation a déjà donné lieu à plusieurs instructions. En février, lors d’une visite à Annaba, le Premier ministre Sifi Ghrieb avait demandé l’achèvement du projet portuaire avant la fin de 2026. En avril, la présidence avait fixé à mars 2027 l’achèvement du quai minéralier et le début des exportations.

Le communiqué du Conseil des ministres du 18 octobre ne fournit aucun nouveau taux d’avancement des travaux ferroviaires ou portuaires. Il ne précise pas davantage si les premières expéditions restent programmées pour mars 2027.

L’exploitation du phosphate exige pourtant que la mine, les installations de traitement, la voie ferrée et les équipements portuaires puissent fonctionner ensemble. L’achèvement du seul quai minéralier ne suffira pas à assurer les exportations si les autres composantes ne sont pas opérationnelles.

À cinq mois de l’échéance annoncée par Tebboune, le gouvernement continue donc de réclamer l’accélération des travaux, sans communiquer de calendrier actualisé permettant de vérifier que les premières cargaisons pourront effectivement quitter Annaba en mars 2027.