Les chefs d’État et souverains arabes, réunis à Alger dans le cadre du 31e sommet de la ligue arabe, le 1er et 2 novembre 2022, ont, pour la première fois, résolus unanimement prendre fait et cause, de manière active, pour la Palestine.
Même si le Sommet n’a pas adopté la proposition du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, de créer un comité de liaison et de coordination pour la Palestine, la déclaration qui en a émané (la déclaration d’Alger) rompt de façon significative avec la littérature par trop lisse et peu engageante des rendez-vous passés de la Ligue arabe.
Néanmoins, le sommet arabe d’Alger a indiqué faire sien et soutenir la démarche de la Palestine pour l’obtention de la qualité de membre à part entière des Nations unies. Il a, ce faisant, appelé les États qui n’ont toujours pas reconnu l’État de Palestine à le faire, en même temps que d’appuyer les efforts et le démarches légales de la Palestine pour demander des comptes à l’occupant israélien pour ses crimes de guerre et ses crimes contre l’humanité qu’il a commis et commet toujours.
La déclaration d’Alger au sommet arabe affirme, par ailleurs, la centralité de la cause palestinienne et exprime son soutien absolu et non négociable aux droits du peuple palestinien, entre autres son droit à la liberté et à l’autodétermination ainsi qu’a la consolidation d’un État palestinien indépendant et totalement souverain, selon le tracé de 1967, avec Al Qods-est comme capitale. Elle a également affirmé le droit des réfugiés au retour ainsi que leur droit aux indemnisations, conformément à la décision de l’assemblée générale de l’ONU de 1984.
Les ingérences étrangères dénoncées
Dans leur déclaration d’Alger, les chefs d’État et souverains arabes réitèrent tenir toujours à l’initiative de paix arabe de 2002 dans l’ensemble de ses éléments et de ses priorités, soulignant qu’une paix équitable et globale est un choix stratégique pour mettre fin à l’occupation israélienne de toutes les terres arabes, y compris le Golan syrien, les fermes Chabaa et Telal et les monts Kfar Chouba libanais. Ils appellent également à la résolution du conflit arabo-israélien sur la base de la « terre contre paix » et du droit international.
Le sommet arabe d’Alger, qui se félicite des efforts arabes visant à unifier les rangs des palestiniens, mais surtout de la signature de « l’accord d’Alger » du 13 octobre 2022, appelle à la levée du siège israélien sur la bande de Gaza et dénonce l’usage de la force contre les Palestiniens.
Le sommet arabe d’Alger a pris position contre les ingérences étrangères, sous toutes les formes, dans les affaires intérieures des États arabes, affirmant rester fidèle au principe de « solutions arabes pour les problèmes arabes », à travers le renforcement du rôle de la Ligue arabe dans la prévention des crises et leur résolution de manière pacifique.
Dans le même sillage, le sommet arabe d’Alger a exprimé son soutien au peuple libyen et appuyé les efforts visant à mettre fin à la crise libyenne. Tout comme il a exprimé son soutien au gouvernement légitime du Yémen et se félicite de la mise en place du conseil de direction présidentiel. Et, il s’est exprimé dans les mêmes termes à propos des crises syrienne, libanaise et irakienne, appelant à soutenir les efforts visant à leur trouver des solutions.