Des unités de la police tunisienne ont occupé le siège de l’agence Tunisie Afrique Presse (TAP), mardi 13 avril, afin de « forcer » l’investiture du nouveau président de l’agence, Kamel Ben Younes. Ce dernier a dû quitter le siège de la TAP à peine quelques minutes après son arrivée.
Durant cette intervention, des journalistes ont été verbalement et physiquement agressés et empêchés de filmer la scène. Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé les agissements de la police, condamnant fermement les agressions commises.
Le porte-parole de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), Sami Tahri, a déclaré aux médias que « ce qui s’est passé hier à la TAP était inacceptable, en particulier l’usage de la force policière ».
Depuis une semaine, le personnel de la TAP observe un sit-in ouvert pour protester contre la nomination de Kamel Ben Younes à la tête de l’Agence. Ben Younes a été désigné le 5 avril 2021 nouveau directeur général de l’Agence, succédant à Mouna Mtibaa.
Pour les journalistes de la TAP, Kamel Ben Younes est un bras de l’ancien régime qui a œuvré contre la liberté de la presse, la Ligue des Droits de l’Homme et le SNJT par le passé. Sa nomination est perçue une offense à l’Agence. Après la révolution, Ben Younes a soutenu le mouvement Ennahdha pour tenter de blanchir son parcours avant la révolution.
Le SNJT a appelé à un nouveau sit-in jeudi 15 avril à 15 h devant les locaux de la TAP. Une journée de grève a également été programmée le 22 avril 2021 a annoncé le SNJT sur sa page Facebook, mercredi 14 avril.
Le gouvernement n’entend pas revenir sur cette nomination. Hichem Mechichi, le chef du gouvernement tunisien, a indiqué que la désignation des dirigeants à la tête des établissements médiatiques publics se faisait par voie de nomination et non à travers des élections, sans ingérence dans la ligne éditoriale de l’Agence.
L’UGTT a appelé le chef du gouvernement à revenir sur la nomination de Kamel Ben Younes à la tête de l’agence de presse et présenter des excuses publiques aux journalistes agressés par les forces de l’ordre.