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Visa et Mastercard : l’encaissement international reste coûteux pour les webmarchands algériens


La SATIM franchit une étape dans l’intégration de l’Algérie aux réseaux internationaux de paiement. L’opérateur monétique interbancaire a obtenu les certifications de Visa et Mastercard pour personnaliser localement les cartes et traiter les données associées, a annoncé mardi 27 octobre Toufik Chikaoui, responsable des réseaux internationaux, sur la Radio algérienne. Les essais associent le CPA pour Visa et la BDL pour Mastercard.

Jusqu’ici confiées en partie à des prestataires étrangers, ces opérations pourront être réalisées en Algérie. L’objectif est de ramener le délai de délivrance des cartes de plusieurs semaines à 48 heures. Le dispositif reste en phase pilote, sans calendrier de généralisation annoncé.

Pour les webmarchands, la portée immédiate est plus limitée. Cette certification concerne l’infrastructure monétique et ne permet pas, à elle seule, à tous les sites algériens d’encaisser les paiements de clients étrangers. Le service existe déjà, mais son coût en limite l’accès.

Plus d’un million de dinars de frais fixes la première année

La Banque de développement local (BDL), par exemple, propose l’encaissement en ligne des cartes Visa et Mastercard internationales. Son tarif public prévoit 70 000 dinars de frais d’adhésion, 65 000 dinars mensuels hors taxes et une commission de 5 % sur chaque transaction. Avec la TVA de 19 %, les frais fixes atteignent 1,01 million de dinars la première année, avant même la première vente. Une charge difficile à amortir pour les petites entreprises dont les ventes restent modestes.

L’acceptation des cartes internationales permet aux éditeurs, organismes de formation, artisans et prestataires numériques de vendre leurs produits et services à l’étranger, notamment auprès de la diaspora. La Banque d’Algérie a inscrit parmi les services bancaires autorisés l’acceptation des paiements effectués avec des cartes émises par des banques étrangères, permettant aux webmarchands de droit algérien de commercialiser leurs produits et services en ligne.

Les frais fixes et les commissions bancaires restent toutefois un obstacle pour les entreprises réalisant de faibles volumes de transactions. Leur accès au marché international dépendra donc autant des conditions commerciales proposées par les banques que des avancées techniques réalisées par la SATIM.