C’est un président visiblement optimiste quant à l’avenir politique et économique de l’Algérie qui s’est exprimé dans un entretien accordé au journal L’Opinion, publié ce dimanche 2 février.
« Je n’ai pas l’intention de m’éterniser au pouvoir. Je respecterai la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Mon objectif est de laisser en héritage de nouvelles infrastructures, de grands chantiers et une réforme profonde du système politique. Même si tout n’est pas parfait, j’aurai au moins eu le mérite de montrer aux Algériens que le changement est possible », a-t-il déclaré.
Sur le plan politique, Abdelmadjid Tebboune, actuellement en consultation avec les différents partis, envisage une refonte de la loi sur les partis, du système électoral ainsi que des codes régissant les communes et les wilayas. Une nouvelle banque destinée aux collectivités locales devrait également voir le jour afin de dynamiser l’économie des territoires.
« Ce second mandat est celui du parachèvement des grands chantiers lancés depuis 2020. L’Algérie a traversé des épreuves difficiles : la décennie noire, la fin du mandat du président Bouteflika, suivie de crises qui auraient pu mener le pays au chaos. À mon arrivée, il a fallu reconstruire les institutions en un temps record. La crise sanitaire est ensuite venue compliquer davantage la situation », explique-t-il.
Un cap économique assumé
Sur le front économique, Abdelmadjid Tebboune se montre tout aussi confiant. Il ambitionne de hisser l’Algérie au rang des pays émergents du sud de l’Europe, avec un produit intérieur brut dépassant les 400 milliards de dollars d’ici à 2027.
Parmi les avancées majeures, il cite la construction de logements — 2 millions d’unités déjà livrées, selon lui, sur un programme de 3,5 millions —, l’amélioration de la gestion des ressources hydriques et la réduction des importations de matières premières. Il mise également sur le développement de secteurs stratégiques tels que l’industrie des phosphates, l’énergie solaire et l’hydrogène vert, afin de renforcer l’attractivité industrielle du pays et sa capacité à approvisionner l’Europe en énergie.
Interrogé sur la révision de l’accord d’association avec l’Union européenne, il répond sans ambages : « Notre ambition exportatrice s’affirme. »
Il précise : « En 2005, notre production était essentiellement axée sur les hydrocarbures. Aujourd’hui, nous disposons d’une industrie nationale diversifiée : tout l’électroménager est algérien, et notre agriculture génère, selon la FAO, 37 milliards de dollars par an. Nous exportons des produits maraîchers vers la Tunisie, la Mauritanie et le Moyen-Orient. Il est donc essentiel de revoir cet accord afin que nos produits agricoles et notre acier puissent accéder au marché européen dans des conditions préférentielles. »