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Algérie-Uruguay : zéro but, mais pas zéro match


Il y a des 0-0 qui s’oublient avant même le coup de sifflet final. Et puis il y a ceux qui laissent une trace, plus diffuse, plus physique. À Turin ce mardi 31 mars, l’Algérie et l’Uruguay ont livré un match de préparation sans but, mais pas sans contenu. Un nul vierge, oui — mais un nul dense.

Le match a commencé avant le coup d’envoi.
Minute de silence en hommage à Liamine Zeroual, brassards noirs au bras pour les Algériens. Sur les écrans de l’Allianz Stadium de Turin, son visage. Sur la pelouse, deux équipes figées. Dans les tribunes, des téléphones allumés comme des veilleuses. Un moment rare, où le football accepte de se taire.

Puis le jeu a repris. Mais sans vraiment rompre avec cette retenue.

0-0 à la pause, et une première période qui ressemble à une mise en route contrariée. L’Algérie pose le jeu, proprement, parfois même élégamment, sans jamais mordre dans les trente derniers mètres. Ça circule, ça s’applique, mais ça n’accélère pas. Belghali, averti à la 37e, donne le ton d’une équipe engagée mais sur le fil. Bensebaïni, sanctionné à la 44e, joue plus dur, plus frontal. En face, l’Uruguay reste compact, discipliné, sans chercher à forcer. Canobbio est averti dans la même minute. Le match se tend un peu, sans jamais s’emballer.

Trois cartons, zéro but, peu d’occasions franches.
Comme si le match n’avait pas encore vraiment commencé.

Ensuite, chacun a eu sa mi-temps.
La première pour l’Algérie. Une équipe appliquée, capable d’installer un contrôle territorial sans jamais le transformer en danger réel. Zéro tir cadré : tout est dit. Une domination propre, mais stérile.
La seconde pour l’Uruguay. Plus direct, plus vertical, le bloc sud-américain inverse le rapport de force après la pause. L’entrée de Darwin Núñez apporte de la présence, sans faire basculer le match. Un seul tir cadré côté uruguayen. Là aussi, l’efficacité est restée au vestiaire.

Au final, un 50/50 presque parfait en termes de possession, et une impression que les deux équipes évoluent à un niveau très proche. Pas de hiérarchie, pas d’écart évident. Juste deux blocs solides, bien en place, mais encore en chantier offensivement.

Le match, lui, n’a jamais été mou.

L’intensité s’est lue dans les contacts et les cartons. Sept avertissements distribués par l’arbitre italien Luca Pairetto. Bensebaïni, Belghali, Belaïd et Amoura côté algérien. Rochet, De Arrascaeta et Canobbio côté uruguayen. Un amical, mais pas un match tranquille.

Dans ce contexte, la prestation de Mohamed Amine Amoura confirme une baisse de régime. Déjà discret face au Guatemala il y a quatre jours, l’attaquant de Wolfsburg n’a pas pesé davantage à Turin. Peu trouvé, peu inspiré, rarement dangereux : une méforme qui tranche avec son explosivité habituelle.

Pour le reste, ce match vaut ce qu’il est : une répétition sérieuse entre deux équipes qualifiées pour la Coupe du monde. Un test utile, qui confirme les équilibres défensifs… et les limites offensives. Pas de buts, mais une indication qu’il manque encore quelque chose.

Et puis, après le match, la pelouse s’est remplie. Fumigènes, drapeaux, chants — one, two, three, viva l’Algérie. Comme si ce 0-0 avait trouvé son but ailleurs.