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Chasse aux influenceurs algériens : le parquet de Paris recarde Bruno Retailleau


Le ministre de l’intérieur français Bruno Retailleau commet maladresse sur maladresse au point de mériter d’être appelé « Bruno la gaffe ».

Le mercredi 22 janvier, il s’est précipité de faire cas, sur le réseau social X, de l’arrestation en France d’un influenceur algérien, le dénommé Rafik Meziane qui signe DJ Rafik sur Tik Tok. Le parquet de Paris n’a pas laissé passer cette annonce pour le moins hasardeuse du premier flic de France. Une annonce qu’il a jugée « tout a fait prématurée », précisant que « rien n’est retenu » contre l’influenceur.

« L’influenceur algérien Rafik Meziane qui appelait à commettre des actes violents sur le territoire français sur Tik Tok a été interpellé ce matin. Merci aux enquêteurs et aux forces de l’ordre pour leur professionnalisme. Ne rien laisser passer.», a écrit Bruno Retailleau sur X, à l’évidence tout excité et pressé d’annoncer avoir accroché un septième influenceur algérien à son tableau de chasse. Mal lui en pris !

Bruno Retailleau, que sa haine de l’Algérie lui fait, à l’évidence, oublier les règles élémentaires, la prudence, en premier chef, que dois observer tout commis de l’Etat de son rang, est recadré sèchement par le parquet de Paris  qui lui a rappelé « seule l’autorité judiciaire est légitime à communiquer sur une affaire judiciaire en cours ». La gifle !

Le parquet de Paris a précisé que « le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) enquête sur un signalement effectué sur la plate-forme PHAROS et portant notamment sur une publication de vidéo sans commentaire. Il a donc été procédé à une perquisition afin de saisir le matériel informatique et vérifier si des éléments matériels permettraient ou non de qualifier une infraction ». Devant suivre des soins, l’influenceur n’a pas été placé en garde à vue, est-il encore spécifié.

Comme un mauvais écolier qui n’apprend pas sa leçon, Bruno Retailleau s’est fait, une fois de plus, taper sur les doigts. Incorrigible, le ministre de l’intérieur n’a pas été mieux inspiré dans la gestion du cas DJ Rafik que sa gestion approximative mais surtout contestable de l’affaire de l’autre influenceur « Boualemn » qu’il avait voulu expulser en Algérie, au mépris du droit. Vaine entreprise, puisque « Boualemn » a été renvoyé en France le jour même de son arrivé à l’aéroport d’Alger.

La dernière sortie de Bruno Retailleau, dont on sait la dégaine facile lorsqu’il s’agit de s’attaquer à l’Algérie, intervient à un moment où, semble-t-il, Alger et Paris cherchent les moyens de dépasser la crise qui empoisonne leurs relations depuis juillet 2024.

Le ministre des affaires étrangères français a émis le souhait de se rendre en Algérie pour en discuter. De son côté, son collègue de l’intérieur, le va-en-guerre Retailleau a jugé, dans un entretien à l’express le mardi 21 janvier, nécessaire « de normaliser notre relation diplomatique avec l’Algérie ». On l’aurait cru revenu de ses égarements s’il n’avait pas récidivé le lendemain !