À la fin du mois d’août 2025, au Conseil de sécurité des Nations-unies, à New-York, un homme, vers qui tous les regards se tournent, prend la parole. L’homme, à la carrure trapue, est écouté à chaque fois qu’il se saisit du micro. Écouté par ceux qui l’applaudissent à rompre, comme par ceux qui lui en veulent à mort de dénoncer leur génocide à Ghaza. L’homme, c’est Amar Bendjama, ambassadeur, représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations-unies (ONU).
Ce jour de la fin août, Amar Bendjama, qui maîtrise à merveille l’art de mettre les mots sur les maux, choisit, en prélude à son discours, l’exhibition d’une photo d’un enfant de Ghaza que la famine a réduit en état de squelette. On ne peut une meilleure meilleure manière d’interpeller le Conseil de sécurité. Ainsi il interpelle le monde entier, sur le génocide sioniste à Ghaza.
Pour titiller la conscience du monde en vue de l’appeler à agir pour mettre fin au massacre d’innocents à Ghaza, Amar Bendjama a eu ces mots forts: « La famine est causée par l’homme qui a un visage…ce à quoi nous assistons n’est pas aléatoire. C’est méthodique. Appelez cela par son nom: un génocide».
À New-York, Amar Bendjama mène, sans relâche, la guerre aux colonisateurs que sont Israël et le Maroc. Les principes qui fondent la diplomatie algérienne, il les a chevillés au corps. Il les entretient et défend comme des sacerdoces. Avec, il faut le dire, une grande capacité de persuasion.
Vendredi, le président de la République Abdelmadjid Tebboune annonce qu’Amar Bendjama est décoré de l’Ordre de mérite national, au rang de «Achir». Une distinction fort méritée pour ce diplomate chevronné dont la carrière, fort riche, a commencé il y a de cela près d’un demi-siècle, plus exactement 48 ans.
Un diplomate au long cours
Amar Bendjama est venu au monde en 1951, quatre années avant le déclenchement de la guerre de libération nationale. L’enfant de Skikda a réussi un cursus scolaire qui lui ouvrit les portes de l’école nationale d’administration (ENA) d’où il sortit diplômé en 1975. Ce diplôme le mena droit au ministère des Affaires étrangères. Il débuta en tant que chef de bureau des visites en 1977. C’était sous Boumediene.
Au poste, il est resté deux années, jusqu’en 1979. Après l’arrivée du président Chadli Bendjedid au pouvoir, Amar Bendjama obtient son premier poste de diplomate à l’étranger. Il est, entre 1980 et 1984, premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie en URSS.
Alternant des postes au niveau de la Centrale, le ministère des Affaires étrangères, et les missions diplomatiques à l’étranger, Amar Bendjama, aujourd’hui âgé de 74 ans, a pris le temps de se forger. Il a accumulé, au fil des ans, une riche expérience. En 1989, il est nommé représentant permanent adjoint auprès des Nations-Unies. Il y restera jusqu’en 1991. De 1991 à 1994, il est ambassadeur au Royaume Uni.
Diplomate multilatéral
À la fin de sa mission à Londres, il est nommé ambassadeur en Éthiopie et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), aujourd’hui devenue Union Africaine (UA). Cette mission prend fin en 1994. Par la suite, vient une longue sédentarité au ministère des Affaires étrangères. Il y fût secrétaire général de 1996 à 2000. C’est à cette époque qu’il collabora avec Ahmed Attaf, alors ministre des Affaires étrangères.
Après 2000 et l’arrivée au pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika, Amar Bendjama occupe le poste d’ambassadeur dans plusieurs pays: Japon (2001-2005), Belgique (2010-2013), France et Monaco (2013-2016). Entre 2017 et 2023, année de sa désignation en tant qu’ambassadeur, représentant permanent auprès des Nations unies, il officie en tant que conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères. Depuis avril 2023 à ce jour, il est représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU.