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Grandes disparités salariales selon l’ONS


L’Office national des statistiques (ONS) a publié son enquête annuelle sur les salaires, révélant d’importantes disparités entre secteurs d’activité, niveaux de qualification et statuts juridiques des entreprises en Algérie. Le salaire net moyen s’élève à 42 800 DA, mais les écarts sont marqués entre le secteur public et le secteur privé — les employés du public étant nettement mieux rémunérés — ainsi que selon les secteurs d’activité et les qualifications.

Le salaire net moyen dans le secteur public s’établit à 60 100 DA, contre 34 900 DA dans le secteur privé. Cet écart de 25 200 DA s’explique en grande partie par la présence d’entreprises publiques importantes, notamment dans les industries extractives, les transports et les communications, ainsi que dans les activités financières, qui offrent des systèmes de rémunération plus avantageux.

L’enquête de l’ONS, basée sur un échantillon de 696 entreprises à partir de données de 2021, montre que les secteurs des activités pétrolières et financières (banques et assurances) affichent les salaires nets moyens les plus élevés, avec respectivement 111 800 DA et 62 800 DA, soit 2,6 et 1,5 fois le salaire net moyen global. Ces secteurs bénéficient de systèmes de rémunération spécifiques qui permettent de mieux rémunérer leur personnel. À l’opposé, les secteurs de la construction, de l’immobilier et des services aux entreprises enregistrent les salaires les plus faibles, avec des moyennes de 32 500 DA et 35 700 DA, soit 76 % et 83 % du salaire net moyen global. La forte proportion de personnel d’exécution dans ces secteurs contribue à ces niveaux de rémunération plus bas.

Des écarts marqués selon les qualifications et les statuts

Les disparités salariales sont également marquées selon les qualifications. Les cadres gagnent en moyenne 82 900 DA, soit presque le double du salaire net moyen global, tandis que le personnel de maîtrise perçoit 50 300 DA et le personnel d’exécution 30 800 DA, soit respectivement 1,17 fois et 72 % du salaire net moyen global. Dans les industries extractives, même les salariés d’exécution sont relativement bien rémunérés, avec des salaires 2,5 fois supérieurs à la moyenne de leur catégorie et 1,8 fois le salaire net moyen global.

Dans le secteur public, les cadres sont rémunérés à 90 900 DA, soit 2,2 fois le salaire d’un agent d’exécution. Les agents de maîtrise et le personnel d’exécution perçoivent respectivement 66 400 DA et 41 200 DA. Par activité, les écarts sont particulièrement marqués dans le secteur de la construction, où un cadre gagne en moyenne 1,8 fois le salaire net moyen de la section, contre 0,8 fois pour le personnel d’exécution.

Dans le secteur privé, les activités les mieux rémunérées sont celles des activités financières et de la santé, avec des salaires mensuels moyens de 76 100 DA et 47 000 DA, soit respectivement le double et 1,4 fois le salaire net moyen du secteur privé.

Pour l’ensemble des secteurs public et privé, le salaire de base représente en moyenne 58 % de la rémunération brute totale, les primes et indemnités comptant pour 42 %. Cette répartition varie selon la qualification : 58 % pour les cadres, 55 % pour le personnel de maîtrise et 62 % pour le personnel d’exécution. Dans le secteur public, le salaire de base représente 51 % du salaire brut, contre 61 % dans le privé.

En 2021, le salaire moyen mensuel net, tous secteurs juridiques confondus, a progressé de 1,4 % par rapport à 2020. Globalement, cette hausse reste modérée au regard des évolutions observées ces dernières années. Par qualification, elle s’établit à 1,1 % pour les cadres, 1,4 % pour les agents de maîtrise et 1,5 % pour le personnel d’exécution.