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Jil Jadid : participer faute de mieux


La décision de Jil Jadid de participer aux prochaines échéances électorales, tout en dénonçant un environnement politique verrouillé, met en lumière la marge limitée dont disposent les formations d’opposition en Algérie.

Réuni le 27 mars à Alger sous la présidence du Dr Lakhdar Amokrane, le Conseil politique du parti a acté une ligne déjà esquissée lors de son congrès extraordinaire de décembre 2025 : investir le terrain électoral, malgré des conditions « largement défavorables à une compétition équitable ». Le constat est direct. La déclaration évoque un « rétrécissement manifeste de l’espace public » et un « blackout médiatique » qui « vide la vie politique de sa substance ». Elle dénonce aussi un « rouleau compresseur institutionnel » dans l’adoption accélérée des lois encadrant le jeu politique.

La participation électorale ne relève pas d’une adhésion, mais d’un calcul de survie politique. « Cette participation ne saurait être interprétée comme une caution au statu quo », insiste le parti, qui entend « porter la voix du changement » depuis l’intérieur du système.

La contrepartie est connue. En entrant dans la compétition, Jil Jadid accepte un cadre qu’il conteste. En s’en retirant, il renoncerait à toute visibilité. Le parti privilégie l’exposition, quitte à évoluer dans un terrain balisé.

Peut-on transformer un système en y participant lorsque les règles mêmes de la compétition sont contestées ? Pour Jil Jadid, la réponse reste affirmative, faute d’alternative crédible. Miser sur la présence, même étouffée, reste la seule option.