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L’anglais au primaire : quand on veut aller plus vite que la musique !


L’introduction de l’enseignement de l’anglais dans le cycle primaire dès la rentrée scolaire 2022-2023 est, à l’évidence, une option irrémédiablement engagée. Les choses vont même plus vite qu’on ne l’aurait imaginé.

Les directions de l’éducation (DE) des wilayas, assurément instruites par leur tutelle, ont lancé des opérations de recrutements des enseignants en toute hâte, passant outre les règles prévalant en matière de recrutement pour les autres matières enseignées.

Dans leurs avis de recrutement, largement diffusés sur les réseaux sociaux, les DE ne posent que deux conditions pour devenir enseignant d’anglais au primaire : détenir une licence de langue anglaise ou une licence en traduction vers l’anglais. Les licenciés désireux de faire partie de ce grand premier contingent d’enseignants d’anglais au primaire sont ainsi exonérés du concours de recrutement pour le poste.

Le ministère de l’éducation nationale, qui va vite en besogne, ne semble avoir le souci de la pédagogie. Les licenciés en langue anglaise, auxquels les portes de l’enseignement sont ainsi ouvertes, n’ont pas forcément les outils pédagogiques pour le spécifique métier d’enseignant. Et, le ministère n’aura pas le temps de les outiller, puisque la rentrée scolaire est dans un peu plus d’un mois.

À trop vouloir traduire tout de suite un engagement politique du président de la République, sans réunir les conditions pédagogiques et même logistiques pour la réussite du projet, ce sont encore une fois les enfants, transformés en cobayes, qui en feraient les frais de l’improvisation. Comme d’autres générations auparavant avaient fait les frais d’une arabisation irréfléchie.