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Le détroit d’Ormuz : chiffres clés d’un corridor énergétique stratégique


La paralysie du détroit d’Ormuz, provoquée par les tensions autour de l’Iran, menace l’un des principaux corridors énergétiques de la planète, par lequel transitent environ 20 % du pétrole brut mondial.

Selon les données de la société d’analyse Vortexa, plus de 20 millions de barils de pétrole, condensats et carburants par jour ont circulé en moyenne par ce passage en 2025, soit près de 600 milliards de dollars d’échanges énergétiques annuels.

Situé entre l’Iran et Oman, le détroit mesure 50 km de large à ses extrémités et 40 km à son point le plus étroit, mais les pétroliers doivent emprunter un couloir de navigation d’environ 10 km de large. Environ 3 000 navires y transitent chaque mois.

Les tensions ont déjà affecté les marchés : le Brent a dépassé 79 dollars le baril, en hausse d’environ 9 % depuis le 28 février, tandis que le coût d’affrètement d’un superpétrolier entre le Moyen-Orient et la Chine a doublé en une semaine, dépassant 400 000 dollars par jour.

Le détroit constitue la principale route d’exportation des producteurs du Golfe. L’Arabie saoudite y expédie environ 6 millions de barils par jour, tandis que la majorité des flux est destinée à l’Asie.

Une dépendance énergétique principalement asiatique

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), 84 % du pétrole brut et des condensats et 83 % du gaz naturel liquéfié transitant par Ormuz étaient destinés en 2024 aux marchés asiatiques, notamment la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud.

Les États-Unis apparaissent moins exposés : ils ont importé environ 500 000 barils par jour via ce passage en 2024, soit 7 % de leurs importations de pétrole et 2 % de leur consommation totale. L’Europe, elle, reçoit moins d’un million de barils par jour via ce corridor.

La Chine joue un rôle clé dans les flux liés à l’Iran : elle avait acheté près de 90 % des exportations pétrolières iraniennes sur le marché mondial en 2024.

Des voies alternatives existent mais restent limitées. Les Émirats arabes unis disposent d’un oléoduc vers le port de Fujairah capable de transporter 1,5 million de barils par jour, tandis que l’oléoduc iranien Goreh-Jask peut acheminer environ 350 000 barils par jour. Au total, environ 2,6 millions de barils par jour de capacités alternatives pourraient contourner le détroit.